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Proche-Orient : une double opportunité


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Rouxel Jean - samedi 06 novembre 2004


La semaine dernière, deux événements sans lien entre eux ont changé la donne politique au Proche-Orient. D’une part, Ariel Sharon a fait adopter son plan de retrait de la bande de Gaza par la Knesset ; d’autre part, la succession de Yasser Arafat a été ouverte par son hospitalisation.
On notera au passage que Paris, fidèle à sa tradition d’accueil de divers dictateurs ou terroristes, s’est empressé d’ouvrir les bras au leader de l’OLP.
Ces deux événements laissent penser que la logique politique peut reprendre le dessus dans cette zone du monde particulièrement sensible.
Pendant trop longtemps, Ariel Sharon avait donné l’impression, aux observateurs étrangers, de se comporter en chef militaire. Cela n’a naturellement rien de déshonorant, mais le Premier ministre d’un pays n’est pas seulement en charge de la sécurité nationale. On attend également de lui une vision politique. Or, manifestement, Sharon a pris ici une décision d’homme d’État. Décision courageuse et décision de compromis, tout à la fois : bref, décision politique.
Par ailleurs, l’éviction d’Arafat de la scène palestinienne est celle d’un homme dont la légitimité résidait tout entière dans son action terroriste de naguère. Pour la première fois depuis 1948, le prochain leader palestinien ne sera pas nécessairement un ancien ou actuel chef de bande terroriste. Là aussi, la logique politique pourrait reprendre le dessus.
On peut se réjouir de ce succès momentané de la logique politique, par-dessus les logiques théocratiques ou terroristes.
Mais bien des nuages pèsent sur ce fragile espoir. En Palestine, tout d’abord, où l’on peine à trouver un successeur au vieux raïs : la demi-douzaine de prétendants officiels ne paraît bénéficier ni d’un solide soutien de la rue, ni d’une solide reconnaissance internationale. Il y a donc fort à craindre que ce déclin temporaire de l’Autorité palestinienne ne permette à d’autres organisations de s’implanter plus fermement encore. Je pense, en particulier, aux divers organismes islamistes qui ne se contentent pas d’agir politiquement, mais ont également, outre une action terroriste importante, une action sociale et caritative.
En Israël ensuite, car on ne peut s’empêcher de penser que la constitution de ce pays, très proche de notre ive république, n’est guère faite pour soutenir les décisions courageuses. La majorité d’Ariel Sharon sur ce dossier paraît bien volatile.
Mais, précisément, cette fragilité et cette nécessité du compromis sont constitutives de la politique !

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