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Projet de loi de modernisation de l’économie, c'est léger |
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Trémeau Bernard - mercredi 14 mai 2008
croissance, economie, inflation
Christine Lagarde a présenté lundi 28 avril son projet de loi de modernisation de l’économie et elle est ensuite intervenue plusieurs fois à la télévision pour l’expliquer au public. Pour stimuler la croissance, il faut lever les blocages qui pèsent sur l’économie de notre pays. On ne peut être que d’accord sur ce point fondamental. Malheureusement, quand on étudie les 42 articles du projet, on est déçu.
Quatre grandes lignes d’action sont annoncées : favoriser les PME, renforcer la concurrence, rendre la France plus attractive aux investisseurs étrangers, et collecter plus de capitaux. Toutes ces mesures vont dans le bon sens, mais leur action est très marginale. On a la pénible impression d’un saupoudrage.
– Des dizaines de milliers de pages, souvent contradictoires d’ailleurs, déterminent le comportement économique des entreprises françaises. Il fallait annoncer que ces chiffres sont totalement fous, et devront tomber rapidement à quelques centaines de pages tout au plus. Un patron de PME n’a absolument pas le temps de les lire, même s’il travaillait 48 heures par jour, et nul n’est censé ignorer la loi. Depuis un an, le nombre de ces textes a fortement augmenté. Christine Lagarde est restée silencieuse.
– Des dizaines d’impôts, taxes ou autres prélèvements prennent l’argent de nos entreprises, avec des centaines de dérogations pour réduire une partie des effets pervers provoqués par ces taxes. Il fallait annoncer que ces chiffres sont fous. Car ces prélèvements obligatoires prennent aux entreprises l’argent dont elles ont besoin pour financer leurs investissements, et pour payer correctement salariés et actionnaires. De ce fait, nos entreprises ont tendance à investir à Varsovie ou Pékin, nos salariés dynamiques à travailler à Londres ou New York, nos actionnaires à préférer les entreprises étrangères. Christine Lagarde est restée silencieuse.
– En 1983, la France a choisi comme les autres pays européens de confier à sa Banque centrale (la Banque de France) la lutte contre l’inflation.
Or, la France a fait ce choix en continuant à mener une politique sociale de plus en plus inflationniste, en prenant, d’une part, de l’argent aux entreprises, ce qui alourdit leurs prix de revient, et en redistribuant cet argent aux consommateurs (SMIC, RMI, retraites, enfants, logement,…), ce qui augmente la demande sans augmenter l’offre. Pour lutter contre cette politique doublement inflationniste, la Banque centrale est obligée de mettre moins de crédit sur le marché : la progression de notre pouvoir d’achat est réduite d’autant. Ainsi la progression du PIB, qui était supérieure à 5 % avant 1969, a chuté en dessous de 2 % depuis des années. Le chômage, l’exclusion et la pauvreté sont apparus, avec leur cortège de violences de plus en plus fortes. Le contraire aurait été étonnant… Il existe un traitement efficace et bien connu à cette très grave maladie. Faire passer brutalement les impôts de plus de 52 % à moins de 25 %. En Irlande, ce traitement de choc a fait brutalement redémarrer l’économie. À tel point, qu’un an plus tard, les rentrées fiscales irlandaises étaient supérieures à celles qui existaient avant la baisse des impôts. L’Irlande a pu enfin réduire son déficit budgétaire. Christine Lagarde est restée silencieuse.
– En 1969, la France a choisi l’ouverture à la concurrence étrangère. Ce choix était bon, car il exposait à plus de concurrence les entreprises françaises. Et la concurrence est le meilleur défenseur du pouvoir d’achat des consommateurs.
Mais la France n’a pas réduit les charges qu’elle faisait peser sur ses entreprises, elle les a, au contraire, lourdement aggravées (SMIC en 1970, 35 heures payées comme 39 en 1998, taxes écologiques en 2007). Nos entreprises ne sont plus compétitives. Le déficit de notre balance commerciale devient chaque mois un peu plus abyssal. Il faudrait dévaluer d’urgence. Mais on ne le peut plus avec l’euro. Christine Lagarde est restée silencieuse. Alors que le temps presse : on incendie les commissariats, on tire à balles réelles sur les policiers…
10 commentaires - Ecrire un commentaire
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Faillite
15% seulement des entreprises créées en France font l’objet d’une procédure de défaillance avant leur cinquième anniversaire…
Chiffres significatifs
Céréales > Les prix des céréales en janvier 2008 étaient de 62,1 % supérieurs à ce qu’ils étaient en janvier 2007, et de 125,5 % supérieurs à ceux de janvier 2006 !
Chantiers > Le chiffre d’affaires des loueurs et réparateurs de matériel de chantier a atteint 3,6 milliards d’euros en 2007, en hausse de 10,8 %…
Colonies > 175 000 adultes ont encadré 29 000 groupes d’enfants, lors de colonies de vacances en 2007.
Jeu > 3,3 millions d’Européens jouaient de l’argent sur les sites de casino en ligne en 2005, contre 4 millions d’Américains et 7 millions d’Asiatiques !
Pensions > En moyenne, un retraité perçoit 2,3 pensions, du fait des cotisations à plusieurs régimes différents…
Investissement > Les communes françaises ont investi plus de 149 milliards d’euros entre 2001 et 2008. À quoi il faut ajouter 40 milliards d’euros d’investissements des groupements intercommunaux !
Chine > La Chine a connu une croissance de 11,5 % en 2007.
Cancer > Chaque année, on recense 320 000 nouveaux cas de cancer en France.
Finlande > En Finlande, l’âge légal de la retraite a été élevé à 63 ans, avec possibilité de prendre une retraite à mi-temps à partir de 60 ans, et de rester en activité jusqu’à 68 ans… |
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