Trémeau Bernard - mercredi 07 juin 2006
On commence à avoir des précisions sur le projet socialiste pour 2007. Il annonce un objectif prioritaire ambitieux : faire passer en cinq ans le nombre des chômeurs en dessous de la barre des 5 %, c’est-à-dire obtenir le plein-emploi. Il constate ensuite que le libre comportement économique des hommes aboutit à des inégalités de revenus. (Nous sommes en effet tous différents les uns des autres, génétiquement et culturellement : il y a donc nécessairement des riches et des pauvres). Il constate enfin que les restructurations qu’exige le passage d’une économie nationale à une économie européenne entraînent une précarité de l’emploi et obligent les salariés à changer plusieurs fois de métiers dans leur vie.
L’État doit s’opposer par toute sa force, par toute sa puissance, aux inégalités et à la précarité que le Marché impose. Suit alors une énumération à la Prévert des moyens proposés :
- Élever en cinq ans le SMIC à « plus » de 1 500 euros. - Étendre l’application de la loi sur les 35 heures à toutes les entreprises. - Augmenter les impôts des riches (la CSG en particulier) ou les charges des entreprises pour disposer de plus d’argent pour aider les pauvres. - Créer un secteur subventionné d’entreprises construisant des logements à bas prix. - Augmenter et renforcer les fameux services publics à la française. - Rendre le licenciement plus difficile et coûteux. - Financer le maintien en activité des entreprises en difficulté du fait des restructurations, pour éviter les licenciements. Les Socialistes pensent qu’ils introduiront ainsi dans notre pays encore plus de justice sociale, encore plus de solidarité, encore plus de travail. - Proposer d’élever le SMIC à « plus de 1 500 euros » en cinq ans, c’est-à-dire de 4 % tous les ans, est très curieux. En effet trois études sur le SMIC ont été réalisées depuis quelques années. Une étude du MEDEF, une étude de l’INSEE et une étude toute récente d’un organisme gouvernemental, le rapport de Jean Denis Combrexelle. Les trois études signalent qu’une augmentation de 1 % du SMIC augmente de 30 000 à 50 000 le nombre des chômeurs. - Proposer d’étendre l’application de la loi sur les 35 heures à toutes les entreprises est une erreur économique. En effet depuis la loi sur les 35 heures, les revenus des salariés stagnent, le PIB de la France piétine et le nombre des chômeurs augmente. Les énormes difficultés rencontrées dans nos hôpitaux seront étendues à toute l’économie. - Augmenter les impôts des riches et des entreprises dans un Marché ouvert comme l’est aujourd’hui le nôtre, est une grave erreur. Les investisseurs préfèrent construire leurs usines dans des pays moins méchants. Les entreprises françaises du CAC 40 qui font des bénéfices les font grâce aux investissements réalisés en dehors de la France. La majorité de leur capital est aussi étrangère. Les délocalisations vont s’accélérer - Créer un secteur privé et subventionné de construction de logements, c’est rajouter un machin de plus dans l’aide au logement déjà multiforme. Or les contraintes qui pèsent sur l’immobilier éloignent les investisseurs et créent la pénurie, donc l’augmentation du prix des loyers. - Rendre le licenciement encore plus compliqué et plus coûteux, c’est s’opposer avec une grande efficacité à l’embauche dans les PME qui n’ont pas les moyens juridiques de régler les contentieux. - Enfin, aider une entreprise qui n’est plus rentable, c’est consacrer l’argent de l’État à s’opposer aux restructurations. Il vaut mieux fermer les frontières. De nombreux pays comme l’Angleterre, l’Irlande, le Canada, l’Australie ou les USA appliquaient il y a quelques années la même politique « socialo-égalitariste » que nous. Ils l’ont abandonnée et ils ont tous obtenu une augmentation rapide et du pouvoir d’achat, et de l’activité. Pauvres et chômeurs régressent rapidement chez eux. Il faut les copier. Ségolène parlait d’imiter ce que Margaret a réalisé. Est-elle socialiste ?
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