Courrier - dimanche 29 novembre 2009
israel
Est-il possible de trouver une solution à l’interminable conflit israélo-palestinien ? Oui, à condition de sortir d’une logique d’affrontement pour construire un destin commun aux deux peuples.
La Palestine est constituée d’Israël, de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Autrefois, cette région plus étendue géographiquement, englobait d’autres territoires aux noms bibliques : la Galilée, la Judée, la Samarie, la Pérée et la Décapole… Les guerres qui se sont déroulées sur cette Terre trois fois Sainte, relevant la plupart du temps de conquêtes, d’expansions territoriales, ou de luttes pour le pouvoir, ont provoqué un brassage perpétuel de ces diverses populations. Aujourd’hui, ce sont les religions qui provoquent des affrontements difficilement maîtrisables.
La reconquête israélienne contemporaine n’est que la suite logique des vicissitudes permanentes qui marquent cette histoire mouvementée. Il faut souligner, dans cet imbroglio politico-religieux, l’opposition presque totale des thèses développées par chacun des protagonistes pour justifier leurs affrontements réguliers ; l’endoctrinement permanent des populations par la haine de l’autre ; le désir d’éliminer totalement l’adversaire ; l’implication, plus ou moins intéressée, de différents pays qui ne font que jeter de l’huile sur le feu. Dans un tel contexte, il n’est pas facile de trouver des solutions pacifiques qui puissent satisfaire les deux parties, et l’histoire des soixante dernières années le prouve amplement…
Les Israéliens n’accepteront jamais d’abandonner les territoires historiques de Judée et de Samarie (Cisjordanie) pour en faire un Etat palestinien. Il en est de même pour la capitale, Jérusalem.
Vouloir créer un Etat palestinien en Cisjordanie est en outre une utopie dangereuse. Un tel Etat n’est pas viable car presque totalement enclavé, sans accès direct à la mer pour son commerce et dépendant étroitement de la bonne volonté d’Israël, peut-être aussi de la Jordanie. Sans compter qu’il faudrait établir un corridor de circulation entre la bande de Gaza et la Cisjordanie, avec les complications imaginables que cela impliquerait. Il faut donc essayer de trouver une autre approche.
Il existe trois possibilités.
Soit créer le grand Israël en renvoyant toutes les populations palestiniennes dans les pays arabes limitrophes, avec les conséquences catastrophiques que ce déplacement de population provoquerait dans la région, en supposant qu’il soit réalisable.
Soit rayer Israël de la carte du monde, comme le demandent avec insistance certains pays arabes ou musulmans. Cette solution n’est pas envisageable, sauf à vouloir déchaîner une conflagration mondiale.
Soit créer un Etat unique, Israël-Palestine, sous forme fédérale ou confédérale. Une Constitution démocratique commune préciserait les différentes modalités des pouvoirs qui seraient partagés et alternés, avec leurs périodicités.
De nombreuses conditions devraient, certes, être remplies pour initier et consolider une telle entreprise, à savoir :
- Trouver des chefs charismatiques, compétents, intègres, et capables de développer une telle approche.
- Mettre hors d’état de nuire les mouvements extrémistes ou terroristes, d’un bord comme de l’autre, en appliquant des sanctions drastiques, au niveau international, sous des formes économiques, financières, militaires, dans le cas où les parties ne respecteraient pas leurs engagements.
- Limiter les négociations indispensables pour aboutir à la création de ce nouvel Etat aux deux parties, palestinienne et israélienne, sans intervention de pays tiers ou de l’ONU (la Jordanie et l’Eglise catholique pourraient y être associées comme modérateurs si les Palestiniens et les Israéliens le souhaitaient). Suspendre toutes les aides économiques et financières étrangères jusqu’à la réussite complète de ces négociations.
- Aborder franchement le problème démographique, ainsi que la distribution des terres et de l’eau, afin que les deux peuples bénéficient de partages équitables.
Dès l’instant que les deux parties auront décidé d’accepter, au préalable, le principe de cet Etat unique, tous les autres problèmes qui enveniment la situation depuis des décennies, trouveront des solutions.
La paix enfin revenue, ce nouvel Etat israélo-palestinien, unique mais bicéphale, pourrait consacrer tous ses efforts à assurer un développement économique juste et durable. En utilisant les énormes potentialités de ces deux peuples, le résultat, sur le long terme, serait magnifique et exemplaire.
Jean-Raphaël Isaffo
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