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Quand Marianne réhabilite le communisme aux 100 millions de morts


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Menou Pierre - dimanche 13 décembre 2009

communisme

Coup d’œil instructif au hors-série de l’hebdomadaire Marianne, daté de novembre-décembre 2009, consacré au « Communisme, une histoire française ».

Ce petit manuel de désinformation donne à comprendre, dès l’éditorial, que certes les régimes communistes n’étaient pas complètement irréprochables, mais que les communistes, eux, étaient des gens très bien, qu’il faut même créditer de la chute du mur de Berlin, un vopo ayant laissé passer la foule qui se ruait à l’Ouest : « Parce qu’un policier communiste n’a pas voulu, n’a pas pu ouvrir le feu sur le peuple, le communisme s’est effondré. »

Il est seulement regrettable que les vopos ne se soient posé ce cas de conscience qu’en 1989, soit plus de 28 ans après sa construction…

« Vaincu politiquement, le communisme semble, comme spirituellement, toujours bien vivant », se félicite l’éditorialiste du hors série de Marianne, Pierre Feydel.

« Les idées d’égalité, de justice, de solidarité qu’il a prônées sont toujours dans les têtes. Des bouts de communisme survivent ici ou là, plus ou moins organisés politiquement. La lettre est morte mais l’esprit perdure dans l’imaginaire national, charpente l’exception française si décriée et tellement défendue. La nostalgie est parfois si forte que l’on entendrait murmurer : le communisme est mort, vivent les communistes ! »

Un aveu dans ce texte : ce que la gauche et une partie de la droite s’accordent à défendre sous le nom d’exception française est un héritage du communisme, auquel le général De Gaulle abandonna dès le lendemain de la deuxième guerre mondiale les deux secteurs clés qu’étaient la fonction publique (ministère confié à Maurice Thorez en 1945) et l’éducation (avec le plan des communistes Langevin et Wallon). La même droite gaulliste lui abandonna par la suite, dans les faits, la culture.

C’est pourquoi le communisme, bien qu’il ait tué plus de 100 millions de personnes à travers le monde et plusieurs milliers en France même – il porte la responsabilité d’une bonne partie des excès de l’épuration, de certains attentats commis au lendemain de la deuxième guerre mondiale et pendant la guerre d’Algérie, au cours de laquelle ses réseaux soutinrent le terrorisme FLN –, n’a jamais fait l’objet dans notre pays d’une véritable condamnation, ni même d’un véritable procès.

Imagine-t-on un journaliste de Marianne écrire, à propos du national-socialisme : « Les idées de jeunesse, de retour à une vie saine, de solidarité qu’il a prônées sont toujours dans les têtes » ? Et le même hebdomadaire faire sa « der » d’une publicité pour le quotidien du parti nazi, s’il en existait un, comme il en publie une en quatrième de couverture pour L’Humanité, journal du PCF ?

Nazisme et communisme sont deux idéologies sœurs, symétriques et mortifères. Mais tandis que le nazisme est mort et enterré, le communisme continue d’imprégner les esprits d’une large partie de notre caste médiatique. Attention, danger !


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