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Que penser des analyses de Stiglitz ?


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de Beaufort Hubert - vendredi 21 janvier 2011

economie

 

Pour Joseph E. Stiglitz, prix Nobel d’économie, il existe des alternatives à la politique américaine. Alternatives qui seraient efficaces mais restent improbables.

Pour Stiglitz, la réduction du déficit public de 9 % du PIB américain est possible par d'autres moyens que les politiques officielles. Il faudrait des mesures budgétaires simples et efficaces qui ne seront malheureusement pas adoptées.

En 2010, les occidentaux subissent des déficits jusqu’ici inconnus en temps de paix, avec une augmentation de leurs dettes nationales. Dans beaucoup de pays, cette situation a généré une austérité qui affaiblit les économies nationales et ralentit la reprise. Les gouvernants qui espèrent des réductions des déficits seront déçus, car le ralentissement économique diminuera les revenus fiscaux et augmentera les demandes d’assurance contre le chômage.

Que dit Stiglitz concernant les USA ? Il est peu probable de voir décider des coupes budgétaires massives comme au Royaume-Uni et de réformer le système de santé, faute de consensus. Le président Barack Obama a bien nommé une commission bipartisane de réduction des déficits : elle semble surtout formelle.

La nécessité de réduire le déficit est évident : soit de réduire les dépenses, soit d’augmenter les prélèvements. Pourtant, à l’évidence, le programme actuel de réduction du déficit vise les dépenses sociales et la protection des lobbies, toujours selon Stiglitz.

Pour lui, que se passe-t-il en fait aux USA ?

  1. Une augmentation massive des dépenses de défense, alimentée par deux guerres sans issues.

  2. Une augmentation de l’inégalité : aujourd’hui 1% de la population accumule plus de 20% du revenu national et la classe moyenne s’affaiblit : le revenu du ménage américain médian a diminué de plus de 5% durant la dernière décennie, et était déjà en diminution même avant la récession.

  1. Un sous-investissement dans le secteur public, y compris les infrastructures.

  1. Une croissance des aides aux banques.

Que propose alors notre prix Nobel américain ?

  1. Une augmentation de 5% des taxes réellement payées qui produirait plus d’un trillion de dollars en une décennie

  2. Des dépenses en investissements publics à haut rendement.

  3. Une réduction des dépenses militaires consenties pour des guerres stériles et des armes inutiles contre des ennemis qui n’existent pas en dépensant pour la défense autant que le reste du monde rassemblé.

  4. Une réduction des multiples avantages spéciaux accordés au secteur énergétique, principalement le pétrole et le gaz qui introduisent des distorsions dans l’allocation des ressources et détruisent l’environnement.

En résumé, il serait nécessaire de créer un système fiscal plus équitable et plus efficient, en éliminant le traitement privilégié des gains en capital et dividendes. Pourquoi les individus qui travaillent pour vivre devraient-ils payer des taxes plus élevées que ceux qui tirent leurs revenus de la spéculation ?

La réforme promouvrait la croissance, améliorerait l’environnement, et bénéficierait aux travailleurs et à la classe moyenne.

Mais pour Stiglitz, il y a un obstacle  : les réformes ne bénéficieraient pas aux personnes les plus riches, aux grandes entreprises et aux intérêts particuliers qui sont arrivés à dominer la politique américaine. Cette logique partisane est la raison pour laquelle il y a peu de chances que ses propositions, pourtant raisonnables, soient adoptées.

Que penser des analyses de Stiglitz ? Il est frappant de voir l’allergie des Américains pour l’impôt, malgré des taux réduits, alors que la France y voit la solution de ses problèmes, malgré un taux de prélèvement parmi les plus élevés du monde.

Un beau sujet d’étude pour le G 20 : où se situe le bon niveau ? Pour nous trois exemples sont possibles : la Suisse, la Norvège, l’Allemagne.

Hubert Beaufort,

Avec l’aimable autorisation de Radio Notre-Dame


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