Trémeau Bernard - jeudi 08 avril 2010
retraites
De nombreuses réactions à mon dernier article sur les retraites m’étant parvenues, il me faut préciser ce qui peut et doit être fait. Le gouvernement actuel n’a plus le choix ; il doit réformer le système actuel.
Une grande variété de systèmes de retraite existe en France. Et au nom de la solidarité, nous avons le système de retraite le plus inégalitaire qui soit en Europe. Il y a plus de 40 régimes de retraite différents. Certains sont très avantageux, comme celui des salariés du métro.
D’autres le sont beaucoup moins, comme celui des agriculteurs. Ne parlons pas de la retraite des députés…
Des mutuelles non obligatoires apportent un complément à la retraite obligatoire. Certaines entreprises comme la SNCF offrent cette retraite complémentaire à leurs salariés.
Enfin, rien n’interdit à ceux qui le désirent de cotiser à une retraite complémentaire auprès d’une assurance privée. Les retraites gérées par certaines assurances privées rapportent actuellement trois fois plus que les retraites gérées par la Sécurité sociale…
Le Marché commun et la monnaie unique existent. Il n’y a plus de barrières douanières entre la France et les pays européens. Deux systèmes de financement de la retraite sont possibles.
Soit, comme en France, c’est l’entreprise qui paye les charges sociales. Les prix des automobiles ou le lait français qui arrivent en Allemagne sont alourdis par le prix de la retraite. Soit, comme en Allemagne, les charges sociales sont financées par la TVA. Le lait allemand arrive à notre frontière « hors TVA », donc nettement moins cher.
Nos entreprises ne sont plus compétitives. On les tue volontairement. Le système actuel ne fabrique que des inégalités et du chômage : il pousse donc aux désordres sociaux. Il est devenu dangereux. Il faut en changer.
– Il faut d’abord faire pour chacun d’entre nous le bilan des « droits » qu’il a accumulés depuis qu’il travaille. Ce calcul est fait tous les ans et ne pose aucun problème technique. Chacun sait ce qu’il touchera à tel âge. Ce droit « acquis » doit bien sûr être conservé. Sinon, c’est la Révolution.
– Il faut ensuite rendre à chaque Français ce que son entreprise paye pour sa retraite ou sa mutuelle, ce qui augmentera d’autant son salaire mensuel.
– Le système de retraite actuel est alors totalement supprimé. On doit donc détruire tous les textes législatifs le concernant, c’est-à-dire des milliers de pages se contredisant souvent. Ce sera difficile.
– Il faut immédiatement créer un nouveau système de retraite par répartition parfaitement égalitaire et c’est tout à fait possible. Une augmentation de la TVA, comme en Allemagne depuis 2002, le financera.
Les entreprises payant moins d’impôts auront les moyens financiers de baisser leurs prix. Elles le feront pour conserver leurs clients. La TVA de son côté augmentera le prix de tout ce qui est importé d’Allemagne ou de Chine. Elle remplacera les « droits de douane » aux frontières.
Les Français achèteront français. Les entreprises françaises délocaliseront moins.
– L’État doit ensuite contraindre tous les Français qui travaillent à cotiser pour une retraite minimum identique pour tous, hommes et femmes compris. Cette retraite minimum peut par exemple correspondre au minimum vieillesse actuel qui serait supprimé.
Une femme qui n’a pas « travaillé » mais qui a mis au monde, élevé et donné un métier à 4 enfants mérite bien plus une retraite qu’un homme qui a « travaillé » jusqu’à 50 ans.
– Puis, avec l’argent qui leur restera, les Français pourront cotiser pour un complément de retraite personnel de leur choix, auprès de la Sécurité sociale bien évidemment, mais aussi auprès de leur mutuelle ou auprès de caisses de retraite privées. Cette cotisation n’étant pas obligatoire.
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