Thieulloy (de) Guillaume - mardi 08 février 2011
homosexualite
L’actualité internationale et le chaos qui s’étend dans une grande partie de l’Afrique du Nord ont sans doute occulté une riche actualité « sociétale » en France même.
Le 28 janvier, le Conseil constitutionnel a déclaré que la réservation du mariage aux couples hétérosexuels n’était pas inconstitutionnelle. Et le 5 février, Hélène Mandroux, maire de Montpellier, célébrait symboliquement une union homosexuelle.
Je n’insiste pas sur la violation patente de la loi par une élue. Dans un État de droit, il est évident que la première responsabilité des élus est d’appliquer la loi. Je ne comprends donc pas comment Mme Mandroux peut continuer à exercer son mandat comme si de rien n’était.
Revenons plutôt à la décision du Conseil constitutionnel. À vrai dire, la question paraissait un peu saugrenue. Il aurait été bizarre que, depuis 1958, personne ne se soit avisé de l’inconstitutionnalité d’un fait aussi visible et aussi central dans la vie personnelle et dans la vie de la société.
Mais deux femmes pacsées, et « mères » de quatre enfants, avaient utilisé la nouvelle disposition qui permet aux citoyens de saisir directement le Conseil constitutionnel pour demander si les articles 75 et 144 du Code civil (réservant le mariage à un homme et une femme) étaient conformes à la constitution.
L’argument central était lui-même étrange : il reposait sur l’idée que le mariage était la seule solution conforme au bien des enfants. Mais ces deux femmes auraient pu penser plus tôt au bien des enfants. Car il y a un bien dont ils seront à jamais privés : celui d’avoir un père.
On peut penser à peu près ce que l’on veut de l’homosexualité, du mariage homosexuel et de l’adoption d’enfants par des couples homosexuels. Mais il y a une chose certaine : jusqu’à présent, les enfants sont toujours nés de l’union d’un homme et d’une femme et il est à tout le moins risqué d’expérimenter sur des enfants bien réels et bien vivants des formes d’éducation dont l’humanité ne connaît pas d’exemple.
En tout cas, le Conseil constitutionnel a répondu qu’il appartenait au législateur de se prononcer sur le mariage homosexuel. C’est bien le moins que la société soit saisie de la question par ses représentants. Encore qu’il ne soit pas évident que le parlement soit compétent en ces matières. Jadis, le parlement britannique, qui n’était pourtant pas un nid d’obscurantisme, se déclarait incapable de transformer un homme en femme. Façon de dire que la loi ne peut pas tout…
Il s’agit, dans un domaine décisif pour l’avenir de nos sociétés, de ce constructivisme que dénonçait naguère Hayek. Il faudrait absolument faire confiance à tel psychologue, à tel sociologue, qui aurait « prouvé » que les enfants élevés par des couples homosexuels sont aussi épanouis que ceux élevés dans des couples hétérosexuels.
Et ce constructivisme est d’autant plus inquiétant que l’on ne sait pas bien d’où sortent ces « spécialistes », ni moins encore les chiffres et les « faits » qu’ils avancent à l’appui de leurs thèses. Je lis ainsi dans la presse que Me Caroline Mécary, avocate de SOS Homophobie, a déclaré que le Conseil constitutionnel venait « de rater une occasion historique de mettre un terme à une discrimination devenue intolérable pour plus de 3 millions de personnes gays et lesbiennes en France ».
Je passe sur l’absurde terme « d’homophobie » employée par l’association que représente Me Mécary. Je passe sur le terme « discrimination », qui a servi à justifier toutes les privations de libertés de ces dernières décennies. Mais le chiffre de 3 millions me laisse tout de même rêveur. À qui fera-t-on croire que 3 millions d’homosexuels français rêvent de mariage ?
Hélène Mandroux s’est engagée (à quel titre ?) à ce que le PS ait dans son programme pour 2012 la légalisation du mariage homosexuel. En face, peu de personnes osent répondre. La réponse est pourtant simple : il n’y a aucune violation des droits et libertés individuelles dans le fait de réserver le mariage à deux personnes adultes de sexe opposé.
Tout le monde a le droit de se marier dans ces conditions – y compris les homosexuels. Et l’État doit protéger le mariage « hétérosexuel » pour une raison tout aussi simple : le mariage fonde la famille et donc l’avenir du pays. Dans l’état actuel du droit, chacun fait ce qu’il veut chez soi, mais il n’existe aucune raison de traiter de la même manière des unions qui engagent l’avenir et des unions qui ne l’engagent pas. La question qui suit logiquement celle du mariage étant celle de l’adoption par des couples homosexuels, j’ajoute qu’il existe certes des droits de l’enfant, mais aucun droit à l’enfant !
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