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Thieulloy (de) Guillaume - mardi 06 mai 2008


Depuis un mois et demi environ qu’Alain Dumait a annoncé dans nos colonnes qu’il me « passait la main », j’ai eu plusieurs contacts avec des lecteurs.

Comme un certain nombre de questions étaient récurrentes, peut-être n’est-il pas inutile de les traiter publiquement… Ces questions tournaient, de façon générale, autour de deux principales : quelle était mon « origine idéologique », si je puis dire ; et la ligne éditoriale des « 4 Vérités » allait-elle changer ?

À cette deuxième question, la réponse est clairement non ! Alain Dumait le disait déjà dans notre n° 632 et je le confirme bien volontiers. Ce qui fait la richesse et la particularité de notre journal sera maintenu, et même amplifié.
En particulier, je tiens beaucoup à cette double ligne de débat à droite et d’entente à droite.

Aucune des tendances de la droite française n’est malvenue ici. Et, bien que « vérité » se dise « pravda » en russe, qu’il soit bien clair que cet hebdomadaire n’a nullement vocation à devenir la Pravda locale!
Nous ne donnons pas de consignes de vote ; nous ne soutenons aucun parti ; nous sommes indépendants…

Et cette indépendance nous permet de nourrir le débat, si nécessaire à la vitalité intellectuelle de la droite française.
Puis-je ajouter que, selon moi, le combat politique le plus important à mener n’est pas le combat électoral, mais bien le combat culturel? Il vaut mieux être battu à des élections en ayant fait gagner ses idées, que gagner en les abandonnant!
Vous avez pu constater, dans le dernier numéro, que cette importance donnée au combat culturel avait une conséquence pratique: nous avons laissé la parole à une spécialiste d’histoire de l’art, pour dénoncer le scandale de l’exposition Jan Fabre au Louvre.

Aussi souvent que possible, nous ouvrirons ces colonnes à des défenseurs du patrimoine culturel français – et contre les « cultureux » qui se gavent d’argent public pour produire d’invraisemblables croûtes, décrétées « artistiques »… De façon générale, nous allons développer dans les semaines qui viennent la part des entretiens et des interventions extérieures dans le journal. Pour la stimulation intellectuelle, d’abord; et pour que nous nous pénétrions de l’idée que nous ne sommes pas seuls et que la droite française compte de très bonnes plumes et de très belles intelligences.
Non, la gauche n’a pas le monopole de la culture !

S’agissant, à présent, de la première question, sur mon « origine idéologique », je dirais volontiers que je suis un « archéo-conservateur ».
C’est-à-dire un conservateur qui n’a pas attendu mai 68 – même si je n’étais pas né à l’époque ! – pour découvrir que nous sommes essentiellement des héritiers. Ce qui est spécialement vrai pour nous Français qui avons reçu un si prodigieux legs de nos aïeux.

Ce « conservatisme » (mais, à dire le vrai, je n’aime guère le mot, car, en 2008, il ne reste plus grand-chose à conserver et beaucoup à restaurer et à rectifier…) est, dans mon cas, un corollaire de ma foi catholique. Je n’ignore pas que quelques lecteurs et contributeurs ne partagent pas cette foi, que certains d’entre eux l’accusent même d’être le fourrier du socialisme ou de l’islamisme.

Mais, puisque nous sommes un journal de débats, il me semblerait absurde de cacher ma “grille d’analyse”.

Accessoirement, comme je n’ai, pour le moment, jamais rencontré de « système » capable de me faire abandonner la foi de mes pères – et, croyez-moi, ce n’est pas faute d’avoir cherché ! –, c’est sans honte que je me reconnais fils de la France catholique de saint Louis, de saint Thomas (qui n’était pas seulement italien !), de Racine ou de Bossuet.

Dans l’ordre économique, je suis fermement attaché aux libertés. Je ne crois pas un instant que l’égalité, qui sert aujourd’hui d’unique idéal commun à la société française, soit possible, ni même souhaitable. La beauté d’une société humaine tient à la complémentarité de ses membres et à son unité organique, par opposition à la « société » des fourmis, presque toutes interchangeables entre elles !

Enfin, je suis viscéralement attaché au principe de subsidiarité (au vrai sens du mot, pas au sens paradoxal que l’Union européenne lui a conféré) : je ne crois donc pas que l’État doive s’occuper de tout.
Plus il redonnera aux familles, aux entreprises, aux régions… leurs libertés et leurs responsabilités, plus j’applaudirai. Et qu’il en profite pour se concentrer sur ses missions régaliennes, tombées aujourd’hui en déshérence !

Pardon, amis lecteurs, d’avoir été aussi bavard sur ma petite personne. Ce sera la dernière fois, mais, si j’en juge par les nombreuses questions déjà reçues, sans doute n’était-il pas inutile que vous sachiez à qui vous avez affaire!…

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