Lambert Christian - dimanche 09 janvier 2005
On écrit beaucoup ces temps-ci sur la Turquie. Je souhaiterais insister sur certains points généralement méconnus.
1) En premier lieu, je rappellerai que jusqu’au XIe siècle, l’Asie mineure, l’actuelle Turquie, fut administrée et civilisée par l’Occident, d’abord la Grèce puis l’empire romain et christianisé. Mais, survint l’invasion des hordes turques, les Seldjoukides, puis les Ottomans islamisés qui, partis de l’Asie centrale, arrivèrent en 1683 jusqu’à Vienne. Ils n’en restèrent pas moins dans les Balkans et en Grèce jusqu’au XIXe siècle, y faisant des destructions considérables. On connaît ce qu’en a dit Victor Hugo dans les « Orientales » ; « Les Turcs sont passés par-là. Tout est ruine et deuil. »
Ce qu’il faut retenir, c’est que le peuple turc n’a rien d’européen. Il est originaire des contreforts de l’Altaï, aux confins de l’actuelle République de Mongolie. Il est de race touranienne, métissée de Mongols. Sa langue est ouralo-altaïque apparentée aux langues mongoles et toungouze. C’est-à-dire qu’au plan ethnique, le Chili et la Nouvelle-Zélande peuplés à 90 % d’immigrés européens et chrétiens auraient davantage de raisons d’intégrer l’Union Européenne que la Turquie asiatique et musulmane.
2) Plus grave encore : en vertu d’un panturquisme très vivace en Turquie, les turcophones d’Asie peuvent obtenir facilement la nationalité turque. Or, ils sont au nombre de 80 millions environ s’ajoutant aux 71 millions de Turcs de Turquie. On y trouve notamment les Turkmènes, les Ouïgours du Sin-Kiang appelé naguère Turkestan chinois, les Azéris, les Tatars, les Ouzbeks nombreux en Afghanistan et jusqu’aux Iakoutes de Sibérie orientale. Au total, une vingtaine des groupes ethniques, profondément islamisés, souvent très pauvres et dont les traditions sont celles des premiers siècles de l’Hégire.
Il est évident qu’une fois la Turquie admise dans l’Union, se développera un très fort mouvement migratoire, qui fera partir vers les pays de l’Europe occidentale d’abord les Turcs des villages misérables d’Anatolie, remplacés peu à peu par d’autres turcophones d’Asie, qui, à leur tour, se sentiront mieux dans le Val-d’Oise avec le RMI et les soins gratuits que dans les steppes de l’Asie centrale… Déjà 4 millions de Turcs sont fixés en Europe occidentale avec leurs traditions dont le crime dit « d’honneur » c’est-à-dire l’assassinat d’une jeune fille qui aurait enfreint la coutume issue de la charia.
3) S’agissant d’un avenir plus immédiat, on retiendra que, la Turquie une fois dans l’UE, l’Europe se retrouvera frontalière de la Géorgie, de l’Arménie, de l’Iran, de l’Irak et de la Syrie avec, à coup sûr, le problème kurde dont il est certain qu’il provoquera à l’avenir des guerres entre la Turquie, l’Irak et l’Iran. On verra donc s’ajouter à la crise des Balkans nullement résolue (et largement due à l’occupation ottomane des siècles derniers), une autre crise d’une autre ampleur qui jettera l’Europe dans le guêpier du Moyen-Orient. Ce serait pure folie que d’accepter une telle éventualité.
4) Un mot sur l’incidence financière de l’adhésion de la Turquie : quelque 20 milliards d’euros par an. La seule entrée de l’agriculture turque dans l’Union serait supérieure au coût de l’entrée récente des dix nouveaux membres.
La France, déjà financièrement en état de banqueroute, devra donc ponctionner davantage encore le malheureux contribuable, futur dhimi !
5) Sur la pression de Bruxelles, les Turcs ont fait d’importantes réformes, qui les ont humiliés. Ils y ont consenti car les avantages d’une adhésion à l’UE seraient considérables pour eux. Mais, une fois admis, ils reviendront sur leurs décisions par la force des choses et le poids de l’histoire. Déjà, le Premier ministre turc vient d’élever la voix proclamant en substance ceci : « Nous entendons faire partie de l’UE. La décision est déjà prise. Nous rejetons toute autre formule… » Ainsi vient de parler M. Erdogan que ses compatriotes ont accueilli à Istanbul le 17 décembre en le sacrant « Conquérant de l’Europe ». Nouvel empire ottoman, la Turquie s’apprête à la revanche avec la complicité des dirigeants européens. Et pour commencer, si dix millions de Turcs viennent s’installer en Île-de-France après l’adhésion d’Ankara, la France n’aura qu’à les accueillir, les nourrir et leur construire des mosquées.
Pourquoi donc avoir créé ce problème, alors qu’il aurait été si simple de laisser les choses en l’état, les Européens en Europe, les Turcs en Turquie, liés par des relations classiques, paisibles et mutuellement fructueuses ?
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