Rouxel Jean - mercredi 15 octobre 2008
economie
Pour sauver les banques, les États du monde entier se sont lancés dans une course effrénée, qui risque de les conduire à l’abîme, si les risques pris dépassent finalement leur capacité réelle d’agir. C’est ainsi qu’il faut interpréter les réactions des marchés qui, jusqu’à ce jour, ont salué par une nouvelle dégringolade toute nouvelle initiative, fût-elle concertée…
Tour à tour, les gouvernements du monde entier se mettent à garantir les dépôts des épargnants, puis l’ensemble des obligations des banques, puis ils se disent prêts à entrer dans le capital de ces entreprises… Nous sommes sur la voie d’une nationalisation généralisée des banques. Les États, souvent exsangues, n’ont pas les moyens d’une telle ambition…
Or, il y a une autre solution : c’est la loi commune sur les faillites. Un chef d’entreprise qui ne peut plus faire face à ses obligations a l’obligation d’aller au Tribunal de commerce se déclarer en cessation des paiements. La loi est à peu près la même aux États-Unis (Chapter 11). C’est vrai pour le charcutier du coin, pourquoi ne le serait-ce pas pour une banque ? Parce qu’elle est dirigée par un inspecteur des finances, protégé par ses petits copains de l’administration ? Moralement, c’est choquant. Il y aurait donc une loi sur les faillites pour les manants et une autre pour les princes qui nous gouvernent (si mal) ?
D’autant que la justice consulaire, si décriée par les socialistes, présente beaucoup d’avantages : elle est gratuite, elle est rapide, elle est politiquement neutre, elle permet d’engager des poursuites pénales contre des dirigeants fautifs et elle permet de céder les actifs ayant une valeur au meilleur prix.
Cette solution serait non seulement plus régulière, mais aussi moins coûteuse pour les contribuables. Certaines banques disent encore se bien porter. BNP Paribas a racheté Fortis. D’autres capitalistes, y compris en Chine, en Inde ou les pays producteurs de pétrole, pourraient être volontaires pour reprendre d’autres établissements…
On dira : « Il faut bien garantir les dépôts !… » Admettons. Mais l’État peut très bien garantir les dépôts tout en laissant faire les faillites. J’observe en outre que la garantie des dépôts donnée par l’État n’est qu’une promesse. De toute façon, si elle devait jouer, cette garantie ne serait rien d’autre qu’une mutualisation, aux frais des contribuables, puisque ce sont toujours eux qui payent. Et qui paieront les pots cassés de cette débâcle, dont les seuls responsables sont tous du côté de l’« establishment » qui nous dirige. Et qui nous vole !
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