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Radio Courtoisie : une interview de Henry de Lesquen


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Dumait Alain - mercredi 20 décembre 2006


(la vidéo de l'entretien - Radio Courtoisie ) Dans quelles circonstances avez-vous été amené à prendre la responsabilité opérationnelle de Radio Courtoisie. Et d’abord, Henry de Lesquen, qui êtes-vous ?

Henry de Lesquen 57 ans, marié, cinq enfants. Je suis fonctionnaire au ministère des Finances, depuis trente ans. J’ai une activité parallèle, qui est politique, indépendante de mon activité professionnelle. J’ai commencé par créer avec quelques amis le Club de l’Horloge en 1974, qui est un cercle de pensée politique, parfaitement indépendant des partis politiques, et dont l’objectif est de développer un corps de doctrines pour la droite tout entière. C’est dans ce cadre que nous nous sommes connus…

…Dans ce cadre, j’ai souvent été invité à l’antenne de Radio Courtoisie, radio créée en 1987, par Jean Ferré, avec un esprit voisin de celui du Club de l’Horloge… En 2003, il m’a confié une émission : « Le libre journal des idées politiques » (que je viens d’abandonner, pour succéder à Jean Ferré dans son émission hebdomadaire du lundi soir).

À partir de 2005, Jean Ferré a commencé à s’inquiéter de sa succession. Il se savait malade. Il m’a demandé d’entrer au Conseil d’administration. Et en janvier 2006, il m’a interrogé et m’a dit : « qui voyez-vous pour ma succession ? »… Puis il m’a demandé d’assurer sa succession. Et c’est comme ça que je suis devenu vice-président. Et le 5 août, quand Jean Ferré a été hospitalisé, j’ai été obligé de prendre en mains les destinées de la radio pour éviter une vacance du pouvoir. J’avais été invité à la dernière émission de Jean Ferré, le 31 juillet 2006. À la fin de l’émission, avant que je le ramène chez lui à Saint-Germain en laye, il m’a passé le relais publiquement et il m’a dit : « je compte sur vous dans l’avenir pour vous occuper de la radio ».

Le conseil d’administration est composé de six membres. Le président Christian Langlois, membre de l’institut – un grand ami de Jean Ferré – ne pouvant pas exercer lui-même ces responsabilités, me les a déléguées. Patrick Simon est également, comme moi, vice-président. Didier Roy est président-délégué, Philippe Varlet est secrétaire général et Jacques Besançon est trésorier. Sachant que Philippe Varlet et Didier Roy sont des membres fondateurs de l’association, qui a été créée en 1985.

AD : Est-ce qu’on peut dire que Radio Courtoisie a une position politique. Par rapport à l’UMP ou au Front National ?

HL : Pas du tout ! Jean Ferré a inventé une formule géniale qui est « le libre journal ». Radio Courtoisie n’a pas de ligne politique. Chacun des 56 responsables d’émission – bénévoles – peuvent avoir leur ligne politique, mais pas la radio. La seule ligne que nous avons c’est de faire cohabiter la diversité des opinions. C’est de dire que la droite existe réellement face à la gauche. Radio Courtoisie, c’est la radio de toutes les droites. Et ce qui fait l’originalité de cette radio, c’est justement que toutes les tendances de la droite peuvent s’exprimer, de Bayrou à Le Pen. Radio Courtoisie est une oasis de vérités dans un univers de politiquement correct et de désinformation.
La grande réussite des « 4 Vérités », comme de Radio Courtoisie, c’est de pouvoir faire vivre ensemble des gens très différents qui ont tendance, comme savent le faire les Gaulois, à s’étriper. Et il faut éviter ça absolument.

AD : Pouvez-vous nous donner quelques chiffres clés qui caractérisent l’entreprise Radio Courtoisie ?

HL : Le budget annuel est de 600 000 euros. Ce qui est vraiment très petit pour une radio. Nous ne recevons ni subvention, ni publicité. Nous ne sommes financés que par les cotisations que les auditeurs nous envoient spontanément. Donc nous dépendons entièrement de la générosité et de la bonne volonté des auditeurs.

AD : Quels sont les emplois que vous faites de ces ressources ?

HL : Nous avons six salariés. Les dépenses sont réduites au minimum grâce au bénévolat. La diffusion nous coûte de l’argent, nous recevons des factures de TDF…

Il y a aussi un loyer et quelques autres frais, même serrés au minimum, car je le répète, tous les responsables de la radio et des émissions sont bénévoles. Pour ma part, je ne demande même pas qu’on me rembourse mes frais !..

AD : Comment s’est passée la succession de Jean Ferré.

HL : La radio dérange. Et certains hommes ont voulu s’en emparer. Finalement, nous avons été amenés à supprimer une émission, une seule, parce son responsable a cru devoir utiliser l’antenne pour critiquer la radio et ceux qui la dirigent. C’était inadmissible. La ligne éditoriale demeure la même, strictement… Si la radio était confisquée au profit d’une tendance, elle disparaîtrait très rapidement… Nous voulons maintenir l’œuvre de Jean Ferré.

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