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Récession, faillite, rigueur ou explosion ? |
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Trémeau Bernard - mercredi 03 octobre 2007
economie-francaise, euro
En 1999, la France a décidé d’abandonner le franc pour l’euro. Le marché français est donc ouvert aux produits de tous les pays unis par leur monnaie commune.
Mais depuis cette date, la France a continué d’augmenter tous les ans les charges pesant sur ses entreprises, alors que tous les autres pays européens diminuent au contraire les leurs.
Par exemple, en 1999, les salaires allemands étaient de 10 % supérieurs aux salaires français et c’est l’inverse aujourd’hui. Les salariés allemands acceptent en effet de travailler 39 heures payées comme 35 pour sauver leurs emplois. En France, quand 91 % des salariés de la Sogerma veulent faire la même chose, la justice s’y oppose, car c’est illégal…
Il est donc normal que les entreprises françaises deviennent de moins en moins compétitives. Comme ce qu’elles vendent est chaque jour un peu plus cher que ce que vendent les entreprises étrangères, les Français et les Européens achètent de plus en plus de produits étrangers. La balance commerciale de la France se creuse un peu plus chaque mois.
Ayant moins de clients, les entreprises établies en France n’embauchent plus, voire licencient ou délocalisent. Leurs bénéfices régressent. Sans client et sans argent pour investir, elles cessent d’investir. L’activité économique ralentit et le chômage s’installe.
Ce ralentissement du développement économique prive l’État de ressources, alors qu’il ne peut pas laisser sans aide tous ceux qui sont exclus du travail. Ses ressources diminuent et ses dépenses augmentent. Il est obligé d’emprunter de plus en plus d’argent…
Pour couronner le tout, quand le chômage dépasse 20 %, les troubles sociaux apparaissent. Le chômage de nos jeunes atteint 24 %. Il faut donc embaucher des CRS.
Notre Premier ministre a eu raison de parler de faillite de la France. Il faut rééquilibrer les comptes du pays. Pour les rééquilibrer, il est nécessaire d’augmenter les recettes et de diminuer les dépenses. Depuis 50 ans, un tel comportement s’appelle « politique de rigueur » et notre ministre de l’Économie, soutenue par son administration, a eu raison de parler de politique de rigueur.
Mais notre président refuse et la faillite et la rigueur. Et il a finalement raison.
Un État n’est pas une entreprise privée et un État peut rester pendant des années dans une situation de faillite. Le Zimbabwe ou la Birmanie en sont d’excellents exemples.
Notre président refuse la rigueur. Pour lui, on ne rééquilibrera pas les comptes de la France en mettant dans le budget de 2008 plus d’impôts et moins de dépenses. Si on le fait, on risque au contraire d’accentuer le ralentissement de l’économie, donc d’aggraver le mal.
Les entreprises françaises ont aujourd’hui besoin d’un traitement de choc. Il faut réduire brutalement leurs charges.
Il ne faut pas conserver la loi sur les 35 heures, en mettant en marche une véritable usine à gaz permettant aux entreprises de réduire le coût qu’engendrent les heures supplémentaires. En agissant ainsi, notre président a eu tort. Une telle démarche oblige d’abord le responsable d’une PME à faire un gros effort de compréhension, puis à embaucher des conseillers fiscaux. Elle oblige aussi l’administration à embaucher plus de fonctionnaires, alors qu’il faut en diminuer le nombre. Il faut supprimer la loi sur les 35 heures. Dans mille domaines, un tel comportement est nécessaire.
Il faut de toute évidence réduire les impôts qui pèsent sur les entreprises. Soit en étant « rigoriste » comme l’Allemagne en 2004 : petite réduction des charges compensée par une augmentation équivalente d’autres impôts (la TVA). Soit sans aucune rigueur, comme l’a fait l’Irlande en 1985 : forte baisse des impôts sur les entreprises sans augmentation équivalente des autres impôts : La reprise a été bien plus rapide et bien plus forte en Irlande qu’en Allemagne. Les recettes de l’État ont augmenté. Notre président a donc finalement raison d’être opposé à la politique de rigueur.
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Délinquance
À la Cité des 4 000 de la Courneuve, que Sarkozy voulait « nettoyer au Karcher », la délinquance a augmenté de 27,6 % depuis le début de l’année.
Chiffres significatifs
Dynamisme > En septembre, en Allemagne, malgré la crise financière, l’euro fort et le pétrole cher, le taux de chômage est tombé à 8,4 %, son plus bas niveau depuis 14 ans.
Euro > Seulement un tiers des échanges de la zone euro a lieu en dehors de cette zone, ce qui relativise l’impact de l’euro fort sur l’économie européenne.
Ralentissement > Pour plus de 22 % des Américains, la recherche d’un travail est devenue « difficile ».
Retraite > En France, la moyenne d’âge des départs en retraite est de 58 ans et demi.
ExcédEnt > L’excédent commercial japonais a quadruplé en août, bondissant de 287,6 % sur un an, sa plus forte progression en pourcentage en plus de 24 ans.
Gigantisme > Un consortium piloté par le groupe public Qatari Diar et l’entreprise française Vinci va construire un pont de 40 km entre le Qatar et Bahreïn.
Deux roues > Porté par le succès du scooter et du vélo, le marché du deux roues a progressé en France de 16 % en 2006, et de 4 % sur les premiers mois de 2007.
Lourdeur > La part des brevets français déposés à l’Office européen des brevets est passée de 15 % à moins de 6 % en 15 ans. Le dépôt d’un brevet nécessitant sa traduction intégrale en 25 langues européennes, 40 % des PME préfèrent y renoncer. |
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