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Redevance télé : exonération zéro ? |
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Lance Pierre - mardi 27 novembre 2007
On se souvient de la bourde commise par Jean-Louis Borloo et François Fillon en laissant présager entre les deux tours des législatives la création d’une “TVA sociale”, une gaffe aussitôt exploitée par Laurent Fabius. Elle fit perdre à l’UMP une centaine de députés et redonna des couleurs au parti socialiste, qui était au bord de la syncope. Naturellement, et comme je l’avais prédit au premier jour de son apparition, ce projet démentiel coula aussitôt par le fond et nul n’ose plus en évoquer le spectre, mais le mal était fait et la gauche en avait aspiré goulûment tous les sucs.
Or, voici que l’on nous annonce la suppression de l’exonération de la redevance télévisuelle dont bénéficiaient jusqu’alors les non-imposables sur le revenu de plus de 65 ans. Bien entendu, François Hollande s’est précipité avec gourmandise sur ce nouvel impair de la droite, avec la hâte fébrile d’une douairière visant un plateau de pâtisseries. Comment ? Veut-on plonger nos vieux démunis dans la misère en leur imposant une charge supplémentaire de 116 euros par an ? Ou bien les priver de la seule distraction qui leur reste ?
L’indignation socialiste a jailli comme un geyser impétueux aux retombées électorales proprement délectables. Mais que les pépés et mémés désargentés se rassurent : cette suppression d’exonération, radicalement impopulaire, ira rejoindre la TVA sociale au cimetière marin des rafiots naufragés dès leur mise à l’eau, et n’aura eu pour tout effet que d’apporter quelques vitamines à un parti socialiste anémique, exsangue et déprimé, qui n’osait espérer pareille aubaine.
Cela dit, voyons de plus près ce nouveau pas de clerc. Je rappelle tout d’abord que ce projet stupide n’émane pas du gouvernement actuel, mais qu’il a été voté en 2005 pour être appliqué en 2008, c’est-à-dire à saute-mouton par-dessus les échéances électorales majeures, ce qui était déjà une absurdité. Il suffit donc de faire voter par la nouvelle assemblée l’annulation de cette loi pour qu’on n’en parle plus. C’est probablement ce que va décider Nicolas Sarkozy, pas assez sot pour se tirer dans le pied alors même qu’il est aux prises avec le problème épineux du pouvoir d’achat.
En attendant, les informations les plus contradictoires circulent sur le sujet. On dit que l’État gagnerait 600 millions d’euros par cette suppression, mais un ministre déclare devant l’Assemblée nationale que la redevance étant désormais liée à la taxe d’habitation, les seniors non imposables qui ne paient pas celle-ci ne paieront pas non plus la redevance, automatiquement. En ce cas, les 600 millions s’évanouissent et cette affaire ne serait qu’une tempête dans un verre d’eau socialiste. Mais alors, le moins qu’on puisse dire, c’est que le gouvernement ne sait pas communiquer, car tout ce que le public aura retenu, c’est qu’on va saigner les vieux. Il ne faut pourtant jamais oublier que 80 % des journalistes étant de gauche (ou faisant semblant de l’être), ils mettent en relief systématiquement tout ce qui peut faire du tort dans l’opinion au gouvernement de droite.
Maintenant, supposons que, par extraordinaire, cette exonération soit supprimée pour de bon. Il y a un moyen très simple de ne pas payer la redevance, et ce, en toute légalité, que l’on soit imposable ou pas. Il suffit de déclarer que l’on regarde uniquement les chaînes privées, lesquelles, comme chacun sait, ne touchent pas un sou de la redevance et ne vivent que de publicité. Et si l’inspecteur éventuel refuse de vous croire, rappelez-lui qu’il lui appartient de prouver l’infraction, ou bien d’installer sur votre poste un appareil codeur qui vous empêche effectivement de regarder les chaînes du service public. Car le scandale permanent de la télévision, c’est que nous sommes matraqués d’annonces publicitaires aux trois quarts mensongères ou manipulatrices qui rapportent aux chaînes des sommes énormes, et que l’on prétend de surcroît nous faire cracher au bassinet.
Monsieur Sarkozy, passez donc la redevance à la trappe, SVP ! Et puis dites aux chaînes publiques qu’elles se débrouillent avec les recettes publicitaires et la maîtrise de leurs dépenses, comme le font très bien leurs concurrentes privées.
Voilà une réforme qui fera l’unanimité des contribuables et qui augmentera leur pouvoir d’achat sans coûter un sou à l’État.
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France télévisions
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Media
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