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Réduire le déficit public de la France


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Trémeau Bernard - mardi 25 mai 2010

deficits
Des décisions très importantes pour notre vie quotidienne ont été prises cette semaine en France et en Allemagne.
Angela Merkel a dit que « solidarité » ne pouvait rimer qu’avec « solidité ». Ce qui signifie que l’Allemagne ne prêtera des sous qu’aux états qui feront l’effort de réduire leurs déficits. Nicolas Sarkozy a donc annoncé qu’il allait réduire le déficit de la France de 100 milliards d’euros en 3 ans.
Réduire le déficit, c’est d’abord augmenter les impôts.

– On peut augmenter les impôts des entreprises, déjà surimposées. Elles vont être obligées d’augmenter leurs prix. Elles vont donc être encore un peu moins compétitives. Les consommateurs français achèteront moins de produits français et plus de produits allemands. Délocalisations et chômage vont progresser en France. Le déficit de notre balance commerciale va devenir un gouffre. Ce serait suicidaire.

– On peut augmenter les impôts payés par ceux qui possèdent des actions, des obligations, ou qui ont confié à leur banque une partie de leurs économies (en prévision d’un éventuel chômage). Ce sont les capitalistes. Mais, depuis l’euro, les investisseurs fuient chaque année un peu plus la France. Le déficit de la balance des investissements suit donc la même courbe descendante que le déficit de la balance commerciale. Plus les investissements diminuent en France, plus l’amélioration de la productivité de nos entreprises diminue, et moins elles sont compétitives.

– On peut augmenter les impôts payés par les possesseurs d’appartements, de maisons ou de terrains. Voire par les possesseurs de meubles, d’œuvres d’art, ou de voitures.

– On peut augmenter les impôts des riches. On pousse ces gens-là à aller vivre fiscalement et dépenser leur argent à Monaco, en Suisse ou au Luxembourg.

– On peut augmenter la TVA et tout sera payé plus cher. On diminue ainsi le pouvoir d’achat des consommateurs. Mais en même temps on diminue le prix des produits français à l’exportation, alors qu’on augmente le prix des produits étrangers. On rend donc nos entreprises plus compétitives. Finalement, l’augmentation de la TVA risque d’être la seule augmentation d’impôt peu toxique.
Réduire le déficit, c’est aussi réduire les dépenses.

On peut réduire le nombre des fonctionnaires. Donnons-en 3 exemples :

1) Le territoire de la France est encore divisé en communes (autant à elle seule que tous les pays de l’Europe réunis), en cantons, en départements et en régions, comme à l’époque où l’on ne marchait encore qu’à pied. Subventions, taxes ou impôts naviguent en permanence entre toutes ces communautés, au fil des nombreuses décisions politiques. Une commune peut par exemple actuellement financer son terrain de football en installant des éoliennes sur son territoire.

2) La moitié des services d’obstétrique ou de chirurgie français attendent le client. Ceux qui y travaillent deviennent incompétents, donc dangereux. Il vaut mieux supprimer ces services.

3) La balayeuse municipale remplace le balai. L’ordinateur remplace le papier et le crayon des comptables. Balayeur et comptables sont cependant conservés, du fait de leur statut.

– On peut remplacer les voitures de fonction par des bicyclettes de fonction.
– On peut réduire au minimum l’entretien des routes, des lignes EDF ou des hôpitaux.
– On peut ne plus construire de TGV ou ne plus financer les recherches sur la fusion atomique.
– On peut aussi réduire les allocations familiales, les salaires ou les retraites des fonctionnaires.

Le budget 2011 nous montrera bientôt les choix qui ont été faits.
Toutes ces mesures vont satisfaire Angela Merkel. Mais elles vont toutes réduire la demande, donc augmenter le chômage.
Dans la situation actuelle, une seule mesure s’impose : rendre les entreprises françaises immédiatement compétitives. Soit en baissant leurs impôts, soit en « dévaluant ». Mais une dévaluation exportera le chômage français en Allemagne et Angela ne sera pas contente du tout…

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En bref
Faillites
En avril, le nombre de défaillances d’entreprises françaises est pratiquement retombé au niveau de janvier 2008 (4 635), avant la crise : 4659, en net recul par rapport à avril 2009 (5 446).

Chiffres significatifs
Création > En avril, les créations d’entreprises ont fortement reculé en France : 12,8 % de baisse, si l’on ne compte pas les auto-entrepreneurs, 18,1 % si on les compte. Mais, sur les 12 derniers mois, les créations d’entreprise ont augmenté de 59,6 %…

Hôtel > Début 2010, l’Union européenne comptait 147 000 hôtels offrant une capacité d’accueil de 5,2 millions de chambres (soit 80 000 de plus que l’année précédente).

Téléthon > Le Téléthon 2009 a rapporté 95 200 117 eu­ros (chiffres définitifs).

Achats > Les internautes français ont dépensé 25 mil­liards d’euros sur internet en 2009, en hausse de 26 % sur un an.

APA > En moyenne, les bénéficiaires de l’Allocation personnalisée d’autonomie ont 83 ans à l’ouverture de leurs droits à l’APA et la perçoivent pendant 4 ans.

Paris > On estime que le marché des paris légaux devrait atteindre 2 à 3 milliards d’euros en 2010.

kilométrage > En­tre 2001 et 2009, les Français ont nettement diminué leur usage de la voiture : ils sont passés de 14 000 à 12 500 kilomètres annuels.

Investissement > En 2009, les investissements « socialement responsables » d’investisseurs français ont augmenté de 70 %, pour atteindre 50,7 mil­liards d’euros.




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