Piard Bernard - mercredi 30 janvier 2008
livres, liberalisme
Loin d’être le vice unanimement stigmatisé par les morales sacrificielles et culpabilisatrices établies, l’égoïsme doit être reconsidéré comme la plus haute vertu humaine.
À la condition expresse toutefois d’être « rationnel » : conceptualisé en droit individuel fondamental de librement vivre pour soi, pour son intérêt et son bonheur propres – et poursuivi dans le strict respect du droit des autres de faire de même, ce qui permet de le généraliser sans contradictions tout en pratiquant une bienveillance volontaire.
Cette thèse anti-« altruiste » iconoclaste, la philosophe et romancière Ayn Rand (1905-1982) l’argumente dans la perspective d’une « éthique objectiviste » d’inspiration aristotélicienne, dont elle tire des conséquences ressortant de la philosophie politique qui vont jusqu’à la redéfinition des bonnes raisons de préférer le « capitalisme de laissez-faire » ou de condamner le racisme, « cette forme la plus abjecte du collectivisme ».
Traduction des passages majeurs d’un ouvrage (The virtue of selfishness) paru en 1964, ce texte constitue une excellente approche de la pensée aussi forte que singulière – l’objectivisme - d’une des plus notables et influentes figures de la vie intellectuelle américaine du milieu du XX° siècle tôt immigrée d’Union soviétique. Familière d’Hollywood, auteur de gigantesques best (et long) sellers littéraires (The Fountainhead, Atlas Shrugged), anti-étatiste farouche, Ayn Rand a été l’un des acteurs essentiel du regain libéral-libertarien, et le maître à penser d’Alan Greenspan.
Bernard Piard
redaction@les4verites.com
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Ayn Rand
La vertu d’égoïsme
Préface d’Alain Laurent
Les Belles Lettres*
250 pages - 19 euros
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