Offre gratuite !
La version papier :
pendant 4 semaines dans
votre boite aux lettres
Cliquez ici
Notre lettre d'infos

Référendum constitutionnel : le bourrage de crânes s’accentue


envoyer cet article à un ami
Imprimer cette page


Voter pour cet article
0 VOTES
999 LECTURES

Dumait Alain - dimanche 08 mai 2005


L'incertitude demeure sur l’issue du référendum sur le Traité constitutionnel européen du 29 mai. Le non reste majoritaire. Le oui progresse. Il faudra sans doute attendre le dépouillement du scrutin pour être fixé.

Cet infléchissement résulte d’une pression sur l’opinion publique qui s’est encore renforcée. Les médias sont à 90 % pour le oui. France Télévision en oublie même les notions élémentaires de déontologie quand elle accepte que Lionel Jospin soit interrogé sur France 2 par Alain Duhamel qui n’est autre que son très officiel biographe.

Dans le même temps, on a vu Simone Veil se mettre en congé pour un mois du Conseil constitutionnel afin de pouvoir s’engager dans la bataille référendaire. Pourtant, ni la Constitution ni la loi organique ne prévoient un tel congé. Jusqu’à présent, cela était réservé aux membres du Conseil qui souhaitaient briguer un mandat électif. Comme ce qui lui a été accordé ne pourra pas être refusé à un autre membre, il faut donc considérer qu’il est maintenant possible d’être membre du Conseil constitutionnel par intermittence, en fonction de ses convenances personnelles ou selon les situations politiques du moment. C’est tout simplement l’indépendance de cette haute juridiction qui, au détour de cette campagne, est remise en cause.

Avec son ironie habituelle, Charles Pasqua ne manque pas une occasion de féliciter Jacques Chirac d’avoir organisé ce référendum alors qu’il aurait pu se contenter de l’adoption de ce texte par le Congrès. La vérité oblige est que si le Président de la République a pris cette décision, ce n’est évidemment pas en application de quelque principe démocratique que ce soit – l’a-t-on vu interroger les Français sur l’immigration, le service minimum, ou toute autre question faisant légitimement débat – mais plus prosaïquement, parce que cette consultation lui apparaissait comme imperdable, à partir du moment où le Parti socialiste, ses dirigeants en tout cas, ne pouvaient que prôner le oui. Nous avons ce référendum pour les mêmes raisons que nous avons eu des élections législatives anticipées en 1997 : parce que Jacques Chirac pensait qu’il ne pouvait pas les perdre.

Toute campagne référendaire, avec ses joutes et ses passions est un bon moyen, pour chacun d’entre nous, de parfaire notre information, d’approfondir nos convictions. Cela suppose d’écouter les arguments contraires.

Je conseille à tous les partisans du non d’écouter attentivement les arguments de la partie adverse, qu’ils soient de droite ou de gauche. Ecoutez Giscard, écoutez Delors, écoutez Chevènement ! Et je conseille à tous les partisans du oui d’en faire autant !

Comme ils n’ont pas souvent droit à la parole dans les grands médias, il faut aller chercher leurs explications chez quelques éditeurs courageux. J’en citerai deux.

Alain Griotteray publie aux Editions du Rocher « Non à la Constitution. Pour une certaine idée de l’Europe. » Ceux qui l’ignoreraient apprendront au passage que Pierre Messmer, qui signe la préface de cet ouvrage, est lui aussi un partisan du non. Pour lui, le rejet de la Constitution, loin de plonger la France et l’Europe dans une crise effrayante serait plutôt un réveil salvateur…

La plupart de nos lecteurs connaissent bien Alain Griotteray. Ils sont familiers de ses fureurs. Le fondement principal de son opposition à la Constitution européenne repose sur son patriotisme. Il sent que certains veulent faire disparaître la France comme d’autres acceptaient son envahissement il y a 65 ans. Pour autant, Alain Griotteray n’est pas hostile à toute forme d’organisation européenne. A condition que l’on commence par le commencement, une confédération entre pays de civilisations communes ou proches, mettant en commun des nations « de même race blanche, de même origine chrétienne, de même manière de vivre » comme disait le Général de Gaulle…

Alain Griotteray a un co-auteur, Etienne Tarride. Ce dernier, avec Alain Bournazel, secrétaire général du Rassemblement pour l’indépendance et la souveraineté de la France, publie par ailleurs chez François-Xavier de Guibert un autre ouvrage intitulé « Faut-il dire non à la Constitution européenne ? ». On y trouve en particulier sous la forme d’encadrés dans le texte, dix raisons de dire non, correspondant à autant de questions fondamentales pour notre avenir.


4 commentaires - Ecrire un commentaire


Recevez gratuitement
la version papier,
pendant 4 semaines !

Cliquez ici

En bref



Plan du site