Rouxel Jean - dimanche 03 avril 2005
Jeudi 24 mars, Jean-Pierre Raffarin défendait son action dans le journal télévisé de TF1. L’homme fait preuve d’une certaine forme de courage en osant revendiquer son rôle de chef de la majorité et donc de chef de la campagne référendaire, alors qu’il est passablement malmené dans les sondages et confronté à une forte hausse de la « grogne sociale », depuis les manifestations lycéennes jusqu’aux grèves à la SNCF – sans compter la morosité ou la hargne des députés UMP ! Mais ce courage ne permet plus de faire illusion depuis déjà de longs mois et chacun s’interroge désormais à haute voix sur l’après-Raffarin. Dominique de Villepin est manifestement en campagne pour Matignon qui, après avoir encensé son action pour contrer Sarkozy, répand plus ou moins discrètement le bruit que l’actuel locataire de la place Beauvau n’y fait pas grand-chose! De la même façon, Frédéric de Saint-Sernin, proche du chef de l’État, et plus encore du Ministre de l’Intérieur, puisqu’ils sont cousins, a repris dernièrement sa casquette de spécialiste des études d’opinion à l’Élysée pour « s’inquiéter » des conséquences de l’impopularité du Premier ministre sur les résultats du référendum… Ces agitations font partie du jeu politique et amuseraient si elles ne masquaient un vide abyssal de l’action gouvernementale. En réalité, si le non progresse dans les sondages, c’est que les électeurs ont le sentiment que l’on se moque d’eux et que les hommes politiques n’ont plus de capacité d’action. Que l’on se moque d’eux, c’est ce qui ressort très clairement des quelques dossiers de corruption qui font régulièrement la une des journaux (actuellement, les marchés publics d’Ile-de-France), que les électeurs comparent facilement à leur feuille d’impôt. C’est également ce qui ressort du fait que la gauche et la droite font ensemble campagne pour le oui, comme pour le non. Et que les politiques n’aient plus de moyens d’action ressort clairement du fait que la plupart des décisions économiques leur échappent et que, progressivement, une large partie des décisions juridico-politiques émigrent vers Bruxelles.… Tout cela nourrit fortement le sentiment diffus que les hommes politiques se valent tous, qu’ils ont les mêmes idées, les mêmes mœurs prévaricatrices et qu’en outre, ils ne servent à rien! Ce sentiment a déjà causé le 21 avril. Et ce n’est pas le remplacement de M. Raffarin par M. de Villepin qui y portera remède…
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