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Réflexion sur la concurrence


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Lambert Jean-Claude - dimanche 20 décembre 2009


Le 10 Décembre, en fin de soirée, sur Antenne 2, un reportage relatait les catastrophes dans lesquelles l'homme est responsable, survenues ces trente dernières années.

Les commentaires sont toujours les mêmes, la recherche du profit maximum est la cause de tous nos malheurs. Il est vrai que le but d'une entreprise est le profit : s'il n'y a pas de profit, il n'y a plus d'entreprise, et seuls les niais pensent le contraire.

Cependant, le particulier que je suis, quand il fait le plein de sa voiture ou de son cadi, cherche à le faire au meilleur compte : je ne suis certainement pas le seul dans ce cas, et l’on vous expliquera que c'est normal.

Que va faire le commerçant pour me satisfaire et me vendre des produits moins chers ? Il va faire des économies de gestion, licencier du personnel et rogner sur le salaire de la caissière, en attendant de pouvoir la remplacer par une caisse automatique. Il va surtout faire jouer la concurrence à l'achat des produits qu'il me vend.

C'est ici que le mécanisme devient pervers. Pour survivre et satisfaire ses actionnaires, qui souhaitent la juste rémunération de leur placement – et même si possible un peu plus –, le chef d'entreprise à qui mon commerçant demande de baisser ses prix va faire des économies afin de rester compétitif.

Dans un monde idyllique, ces économies ne devraient pas être réalisées sur la sécurité, ni sur les salaires du personnel, ni sur la fiscalité en fraudant, ni sur les sous-traitants. Ne reste donc que le profit des actionnaires et des dirigeants, rarement supérieur à deux pour cent net du chiffre d'affaire.

Hélas, nous ne sommes pas dans un monde idyllique.


Nous recherchons tous notre profit

Au cours de ma carrière dans le bâtiment, j'ai vu des chantiers traités après appel d'offre très en dessous du prix de revient, et les donneurs d'ordres le savaient. C'est pourtant les mêmes qui, le chantier terminé, venaient se plaindre de la mauvaise qualité de la prestation ou de la faillite de l'entrepreneur en cours de chantier, et quelquefois de la présence de travailleurs au noir dans l'entreprise.

Il en va de même dans la vie de tous les jours. Les agriculteurs à qui l'on demande de produire toujours plus pour être compétitifs ont fait la vache folle, les algues vertes sur les côtes d'Armor et ils empoisonnent l'environnement avec des pesticides.

Les pétroliers ont fait l'Erika.

Et si la Chine nous inonde de produits bon marchés, irréparables et de qualité douteuse, ce ne sont pas les importateurs, ni les entrepreneurs qui délocalisent qu’il faut accuser, mais bien nous-mêmes qui, sans discernement, depuis un demi siècle, cherchons toujours la meilleure combine pour avoir un produit moins cher.

Ce n’est pourtant pas cette forme-là de recherche du profit que dénoncent les bateleurs d'estrades qui nous informent sur le petit écran.

La France, quasiment en faillite, est en train de payer au prix fort  notre comportement déraisonnable. Nos politiques ne font rien pour améliorer les chose en dépensant notre argent sans retenue. S'ils étaient eux aussi soumis à la concurrence, il est probable que cela tournerait mieux…


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