de Beaufort Hubert - vendredi 25 février 2011
croissance
Régulièrement, politiques et médias commentent les principaux indices de notre civilisation de consommation, mais n’expliquent jamais ce qu’ils signifient en réalité.
Le PIB, d’abord : le Produit Intérieur Brut. C’est la somme des productions marchandes et non marchandes d’un pays : production agricole, production industrielle, production des services marchands (le commerce), production des services non marchands que constituent les salaires des services publics.
On constate donc une singularité : le PIB additionne les recettes et les dépenses. C’est une conception qui reste acceptable puisque les services publics rendent en effet des services, mais à la condition qu’ils restent à un niveau tel que les secteurs producteurs de richesse puissent en assumer la charge. Augmenter le nombre de fonctionnaires augmente le PIB, augmenter leur salaire augmente le PIB.
Plus dangereux encore : les allocations des RMI augmentent aussi le PIB.
Créer de la richesse artificielle devient une tentation politiqueà laquelle la France succombe trop souvent, avec comme conséquence des prélèvements en constante augmentation et des déficits qui se transforment en dettes.
Au niveau mondial, si l’Occident mesure assez correctement les composantes du PIB, quel commissaire aux comptes international confirme les chiffres de l’Asie, de l’Amérique du sud et de l’Afrique ? Voilà un beau défi pour les agences de notation qui devraient fournir le degré de crédibilité des chiffres fournis. Même pour la Grèce cela n’a pas été fait.
La spirale du social à crédit
Venons en à la croissance de ce même PIB. De quelle croissance s’agit-il ? D’une richesse agricole ou industrielle produite, de l’inflation, ou de l’augmentation de la fonction publique ? La différence est rarement faite.
Parlons maintenant de l’inflation et du coût de la vie. L’INSEE publie un indice de référence qui est contesté, car il évalue les dépenses de logement à 6 % alors que les ménages y consacrent en moyenne 25 %. Comment expliquer un tel écart ? Plus largement d’ailleurs, l’inflation ressentie est plus importante que l’inflation officielle.
Parlons maintenant de la balance commerciale, thermomètre majeur d’une économie puisqu’elle indique la différence entre le montant des achats et le montant des ventes d’un pays. Nous avons déjà indiqué que ce déficit dépassait 2 points de PIB, soit 40 milliards d‘euro, alors que le surplus allemand dépasse les 100 milliards. Rappelons en la raison : notre PIB industriel est la moitié de celui de la RFAet notre dépense publique de huit points supérieurs.C’est la spirale du social à crédit.
Venons-en à l’indice sociologique : le chômage. Toute politique économique se traduit en effet en emplois. Le chômage officiel touche près de 10 % de la population active, mais il ne prend en compte ni les emplois partiels, ni les RMI.
En réalité 20 % de la population est touchée par la précarité.
Ces données économiques et sociales doivent être bien assimilées, pour faire comprendre à nos politiques de tous horizons que la France, un des cinq grands de l’ONU, ne peut ni ne doit rentrer dans le déclin, mais les bons sentiments ne suffisent pas, il faut prendre la réalité à bras le corps.
Les vérités au service de l’action, sont un préalable, mais des réformes majeures doivent suivre le diagnostic ; c’est un impératif : le temps nous est compté.
Hubert Beaufort,
Avec l’aimable autorisation de Radio Notre-Dame
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