Rouxel Jean - mercredi 30 juillet 2008
sarkozy
Jusqu’à la dernière minute, les pronostics étaient possibles! La réforme constitutionnelle tant désirée par Nicolas Sarkozy l’a finalement emporté, lundi 21 juillet, lors du vote du Congrès, par 539 votes pour contre 357 et une abstention.
Sur les 905 votants, la majorité requise était de 538 voix. Le résultat n’aurait guère pu être plus serré!…
Mais, paradoxalement, ce vote serré renforce la victoire de Sarkozy dans ce dossier. La gauche avait si bien indiqué qu’il porterait l’entière responsabilité d’un échec de la réforme constitutionnelle que, par contre-coup, il bénéficie tout autant de la réussite.
Et, surtout, cette victoire à l’arraché montre à quel point, malgré ce qu’en disent les médias, le Président tient ses troupes. Et avec quelle maestria il a obtenu le vote favorable de quelques adversaires.
Après la première lecture du texte à l’Assemblée et au Sénat, personne, en effet, n’aurait parié cher sur un succès. Le groupe UMP du Sénat était assez largement opposé; celui de l’Assemblée était profondément divisé. Le mode de scrutin sénatorial, la réforme de l’article 49-3 et le référendum sur l’adhésion de nouveaux pays dans l’UE étaient autant d’échardes dans le pied de la majorité.
Or, le PS, très tôt, avait annoncé son désir de voter contre – bien qu’il ait été, au départ, favorable à la plupart des mesures du texte…
Et l’UMP et ses alliés manquaient la majorité des trois cinquièmes nécessaire au vote du Congrès de plusieurs dizaines de voix.
Malgré cela, ramenant progressivement tous les élus UMP et Nouveau Centre dans le giron de la majorité (seuls 7 parlementaires UMP ont finalement voté contre), et allant chercher une à une les voix de quelques socialistes et apparentés (notamment Jack Lang et les radicaux de gauche), Nicolas Sarkozy a réussi un tour de force, illustrant son habileté manoeuvrière bien connue.
Le texte de cette réforme constitutionnelle est cependant étonnamment flou, pour ne pas dire creux: en dehors de la création de quelques nouveaux postes à l’utilité contestable, et du discours présidentiel dont personne ne comprend l’intérêt (chacun sait que le Président avait bien d’autres façons de s’adresser aux parlementaires que de les réunir annuellement à Versailles), on ne voit pas, pour le moment, à quoi rime cette énième réforme de la constitution de 1958.
Reste un bilan incontestable : Nicolas Sarkozy a montré qu’il avait encore des atouts dans son jeu et il a clos sa première année de réformes sur un succès. Deux résultats impressionnants si l’on se souvient du « dévissage » présidentiel dans les sondages…
Voir aussi :
Le Monde du 21 .07. 2008 Constitution : le texte des articles modifiés soumis au Congrès
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