Rouxel Jean - mercredi 17 février 2010
retraites, syndicats
Lundi dernier commençait un « sommet social » à l’Élysée, avec un ordre du jour chargé : la réforme des retraites, la question des chômeurs en fin de droit, le chômage en général, et même la question de la redistribution des revenus…
Sur la forme, j’avoue que ce « sommet social » me laisse perplexe. Droite et gauche ne cessent de nous dire à quel point elles tiennent à la libre discussion des « partenaires sociaux » entre eux. Mais, dès qu’il est question d’une réforme importante, c’est à l’Élysée que les choses se décident. Dont acte, mais c’est en tout cas une curieuse conception de la subsidiarité, de la liberté et de la responsabilité.
De façon générale, cette histoire de « paritarisme à la française » a quelque chose de terriblement malsain. Des syndicats d’employés ou de patrons, qui ne représentent personne, sont censés négocier au nom de tous… et ils ne le font que quand l’État leur dit de le faire. Conclusion : personne n’est responsable des décisions qui sortent de ces cénacles !
Mais revenons au fond du dossier et, plus particulièrement, à la réforme des retraites. Je remarque d’abord que la réforme Fillon de 2004, qui était censée avoir sauvé les retraites, ne l’a fait que durant 6 ans !
Ce que personne ne semble vouloir regarder en face, c’est que le problème est essentiellement démographique. Sans enfants et avec une espérance de vie qui croît chaque année, nous ne pourrons plus assurer les mêmes prestations que naguère. D’autant que les rares jeunes Français sont de moins en moins employés dans le secteur productif !
Si l’on veut vraiment réformer les retraites, il faut cesser de se donner des tabous arbitraires. Il faut pouvoir réfléchir à l’abandon de cette prétendue représentation paritaire ; il faut pouvoir réfléchir à l’abandon de cette répartition parfaitement déresponsabilisante. Pourquoi, en particulier, ne pas autoriser les fonds de pension, que se sont octroyés les élus et les fonctionnaires, aux autres Français ?
Au sein même de la répartition, il faut reconnecter le montant des cotisations avec celui des pensions et insuffler un peu de liberté : si quelqu’un veut partir à 55 ans, pas de problème, mais sa pension sera diminuée d’autant ; et si quelqu’un veut rester jusqu’à 70 ans, pas davantage de problème et sa pension sera majorée d’autant.
En tout cas, sans liberté et sans responsabilité, la prochaine réforme ne sera qu’un cautère sur une jambe de bois, qui ne tiendra pas davantage que celle de 2004 !
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