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Réforme fiscale : Vive la TVA


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Trémeau Bernard - mercredi 27 avril 2011

economie
Les candidats à la présidence de la République sont de plus en plus nombreux. Ils parlent tous de supprimer le chômage et d’augmenter le pouvoir d’achat des consommateurs. Bravo !

Et ils disent pratiquement tous que, pour supprimer le chômage, il faut changer notre fiscalité. Ils disent qu’il faut imposer de façon plus importante les entreprises et leurs actionnaires, les « riches », pour pouvoir en­suite redistribuer l’argent ainsi récolté à tous ceux qui en ont besoin, à commencer par leurs salariés. Ce n’est, selon eux, que « justice sociale ».

Tous ces propos montrent que pratiquement tous nos candidats à l’élection présidentielle ignorent totalement la réalité économique.
La France a décidé de créer avec les pays européens une monnaie commune, l’euro. Elle a donc décidé de supprimer les barrières douanières pour créer un « marché commun » entre tous les pays européens.

Plus la taille du marché est importante, plus les entreprises sont nombreuses. Plus la concurrence entre les entreprises est forte. Et, aujourd’hui, plus de la moitié des produits que nous achetons proviennent de l’étranger. L’ouverture de nos frontières augmente le nombre des produits que nous pouvons acheter, tout en faisant baisser les prix de ce que nous consommons. Mais les petites entreprises françaises les plus imposées d’Europe ne peuvent plus être compétitives et disparaissent : le chômage s’installe.

Cependant, certaines entreprises françaises deviennent des multinationales qui embauchent et augmentent les salaires de leurs employés.
Devant une telle réalité, on aurait pu croire que nos gouvernements auraient pensé à réduire au maximum possible les impôts touchant les entreprises françaises, imitant ainsi les gouvernements allemand, da­nois ou suédois.

Mais ils font exactement le contraire : ils augmentent en permanence les taxes, les impôts, les contraintes économiques pesant sur nos entreprises. La taxe carbone de Jean-Louis Borloo est le dernier exemple de ce comportement absurde.

En continuant à imposer les entreprises françaises, notre administration fiscale a pris une décision très grave : celle de ne pas imposer les produits provenant de l’étranger. Alors qu’elle peut utiliser des taxes comme la TVA qui imposent de la même façon les produits français et étrangers.
Ce comportement a créé dans notre pays un vide économique dramatique : le nombre de nos petites et très petites entreprises décroît à une vitesse accélérée. Les entreprises quittent la France. Même de petits entrepreneurs créent des annexes de leur entreprise en Allemagne, en Pologne ou en Chine.

La TVA ne rétablit pas les droits de douane comme certains le prétendent. Mais tout ce qui proviendra de l’étranger verra ses prix augmenter. C’est évident. Et, quand la TVA remplacera les charges sociales payées par une entreprise, l’entreprise française verra ses impôts diminuer : elle pourra vendre moins cher ce qu’elle produit.

L’augmentation des prix étrangers issue de la création de la TVA sera accompagnée par la diminution des prix issue de la baisse des charges sociales. Le nombre des chômeurs diminuera en France, mais pourra augmenter en Allemagne.

Les partis de gauche ne veulent pas de la TVA. Car, pour eux, cette taxe impose les consommateurs et diminue ainsi leur pouvoir d’achat. Ils préfèrent imposer les entreprises, car ils croient encore que les entreprises ont les moyens de payer un impôt supplémentaire sans augmenter leurs prix. Ils croient donc que leur imposition ne diminuerait pas le pouvoir d’achat des consommateurs. L’évolution de l’économie française depuis la mondialisation montre qu’ils se trompent totalement.

Karl Marx est mort en 1883. Ses idées sont encore présentes dans la tête de nombreux responsables français. Une connaissance de l’économie, bien plus proche de la réalité, s’est développée depuis, avec Keynes, puis les monétaristes. Utiliser en 2011 les solutions proposées par Marx, c’est finalement faire un bond de plus de 120 ans en arrière…

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