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Trémeau Bernard - jeudi 04 septembre 2008

securite-sociale
En complément des propositions structurées de Pierre Lance (Plan de refondation de la Sécurité Sociale), je suis heureux d’apporter ce que je pense de la Sécurité sociale.

Au nom de la solidarité nationale, on a mis en place en 1945 la « Sécurité sociale » offrant à tous les salariés, en plus de leurs salaires, une assurance-maladie pratiquement gratuite. Les charges sociales, un impôt payé par les employeurs, remplissent les caisses de la SS. Immédiatement, une hyperinflation dépassant 50 % a accompagné ce don généreux accordé uniquement aux salariés.

Or, seuls 45 % des Français étaient salariés à l’époque. L’hyperinflation a ainsi effectué un gros transfert de pouvoir d’achat de la majorité de la population française vers les salariés. Comme si les salariés étaient des Français qu’il fallait aider au nom de la solidarité.

Ensuite, les autres catégories de Français ont été obligées de s’assurer contre la maladie. Elles ont eu leurs propres caisses. Les paysans ont par exemple eu la Mutualité sociale agricole. Mais, comme ces Français n’avaient pas d’employeur, c’est eux qui étaient obligés de financer leur caisse. Les paysans ou les médecins ont intégré à leurs frais généraux cette nouvelle dépense.

Puis, au fil des ans, en utilisant au besoin les grèves, les salariés d’EDF ou de la SNCF ont obtenu des remboursements pratiquement totaux de toutes leurs dépenses médicales, leurs entreprises finançant les mutuelles complémentaires. Ces privilèges ont été obtenus soit en augmentant le prix du billet de chemin de fer, soit en augmentant la subvention versée par l’État à la SNCF. C’est l’ensemble des Français qui, bien entendu, paie tous ces avantages bien particuliers.

Dernier avatar, presque amusant, tellement il est « énorme ». Plus on a des revenus élevés, plus on consomme de la médecine. Or, plus on a des revenus élevés, plus la part de ces revenus que nous prend la Sécurité sociale est faible. Il vaut mieux être cadre supérieur que smicard…

La Sécurité sociale, au nom de la solidarité nationale, a évolué et évolue encore vers des inégalités de plus en plus scandaleuses.

Gros et petit risques

Un deuxième point doit être souligné. Il existe deux types de « consommation médicale ». Une consommation courante, qui correspond au petit risque. Par exemple, voir son médecin pour un rhume ou pour renouveler « la pilule ». Et une consommation exceptionnelle, qui correspond au gros risque. Par exemple, être atteint d’une leucémie ou avoir une fracture de jambe.

Quand le petit risque est remboursé, son remboursement ouvre la porte à tous les abus. Imaginons qu’au nom de la solidarité nationale, on décide de rembourser nos aliments ou nos vêtements. Un « malade » peu honnête obtient, par exemple, toujours d’un médecin malhonnête un arrêt de travail de quelques jours, pour suivre par exemple à la télévision les JO en direct.

Une amusante petite histoire vraie illustre bien ce danger. Un jour, trois vieilles dames sans revenus, amies et au cœur tendre, avaient décidé d’envoyer des antibiotiques en Afrique pour soigner les pauvres petits noirs qu’elles voyaient malades à la télévision. Elles disposaient d’une médecine totalement gratuite. Elles mettent au point leur plan. Chacune consulte son médecin personnel pour une petite infection. Elles obtiennent toutes les trois le même antibiotique et elles renouvellent leurs consultations…

Malheureusement pour elles, elles avaient le même pharmacien, qui a été étonné de voir ces trois amies « surconsommer » le même antibiotique. Le pharmacien a posé des questions. Elles ont immédiatement avoué, très confuses. Le gros risque, rare et très coûteux, doit par contre obligatoirement être assuré.

Un troisième et dernier point doit être retenu : la gestion de la Sécurité sociale est coûteuse, du fait qu’elle n’est pas en concurrence avec d’autres caisses d’assurance.

Pour « réformer la Sécu », il faut d’abord redonner aux Français ce qu’on leur prend par les charges sociales. Il faut ensuite les obliger à s’assurer contre le gros risque. Il faut enfin les laisser libres de s’assurer contre le petit risque. Ils doivent, en outre, pouvoir choisir l’assureur de leur choix : Sécurité sociale, mutuelle ou assurance privées…

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En bref
Monoparental
17,7% des jeunes de moins de 25 ans vivent dans une « famille monoparentale ».

Chiffres significatifs
Investissement > Les investissements dans l’industrie française ont augmenté de 3 % en 2007 et devraient encore augmenter de 6 % durant l’année en cours…

Immobilier > Dans les secteurs de la construction et de l’immobilier, les faillites se sont envolées : d’avril 2007 à mars 2008, les défaillances d’entreprises jugées par les tribunaux ont progressé de 20,9 % dans la construction et de 18,5 % dans l’immobilier !

Facteurs > La Poste compte 100 000 facteurs, équipés de 42 000 voitures.

Chine > En Chine, l’immobilier résidentiel connaît ces derniers mois une hausse de 10 % par an.

Voitures > Les 4 221 bureaux de loueurs de voitures français ont enregistré 7,5 millions de locations en 2007 !

Construction > Le secteur de la construction a gagné 200 000 emplois durant les cinq dernières années, soit une croissance de 15 % !

Adoption > 25 000 familles françaises ayant obtenu un agrément attendent de pouvoir concrétiser leur projet d’adoption…

Amiante > En 2007, la France a dépensé 318 millions d’euros pour indemniser les victimes de l’amiante, contre 363,6 millions en 2006 et 399,8 millions en 2005…

Cliniques > La rentabilité économique des cliniques privées atteignait 3 % du chiffre d’affaires en 2005.




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