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Régionales : bérézina en vue pour la droite


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Rouxel Jean - jeudi 11 février 2010

regionales, ump
Nous sommes à un mois des régionales. Et le raz-de-marée de gauche se con­firme chaque jour davantage. On commence même à parler de la possible perte de l’Alsace par la droite. Il faut dire que le nouveau chef de file de l’UMP en Alsace, Philippe Richert, est exceptionnellement peu charismatique – et qu’il a un certain talent pour se mettre à dos ses propres amis. Malgré cela, en l’absence de dissidence, je vois mal comment l’UMP pourrait perdre cette région. Mais je vois mal aussi comment elle pourrait en récupérer une seule de celle qu’elle a perdues en 2004 et en 1998 (je ne parle pas de la Corse que l’UMP préside en y étant minoritaire en sièges, au terme de l’un de ces accords souterrains dont l’île de Beauté a le secret…).

Bref, si, en termes de communication, l’UMP pourra toujours dire que « ce n’est pas pire qu’en 2004 », il y a fort à craindre que la droite se prenne une « belle claque » électorale en mars prochain.

à mon sens, cela tient essentiellement à une limite de la stratégie de Nicolas Sarkozy qui consiste à faire le plein des voix au premier tour. Pourquoi cette stratégie, qui lui a si bien réussi en 2007, conduit-elle aujourd’hui au désastre ? Pour deux raisons au moins.

La première, c’est qu’en 2007, Sarkozy est parvenu à imposer l’idée que sa concurrente était une incapable. Ce qui a évité les éparpillements des votes et a donné à Sarkozy une confortable avance pour le deuxième tour. Qu’il a abordé en situation de dire à l’inconscient des électeurs : « Même si vous ne m’aimez pas, voyez quelle serait votre responsabilité si vous laissiez le pays à cette gourde… » Or, ce schéma : « Moi ou le chaos ! » ne jouera pas aux régionales. Si désastreux que soient les bilans des présidents socialistes sortants, les électeurs n’ont pas l’impression qu’ils soient nuls.

La deuxième raison tient à l’absence de réserve de voix. En 2007, il était encore possible de croire que le diktat de la gauche contre les alliances entre les divers partis de droite (et, tout spécialement, contre les alliances UMP-FN) allait voler en éclats. Au­jourd’hui, ce n’est plus possible. Une part des électeurs de 2007 ne revotera pas pour l’UMP. Non seulement, l’avance risque d’être faible au premier tour, mais il n’y aura donc aucun réservoir de voix. La stratégie de Sarkozy n’a de sens qu’adossée à une entente à droite. Et il a torpillé cette entente avec le front républicain d’Hénin-Beaumont et avec l’ouverture à gauche. L’UMP se prépare à payer cher cette erreur.

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