Rouxel Jean - mercredi 17 mars 2010
regionales
Il est encore trop tôt pour tirer des enseignements de ces élections régionales. Le deuxième tour peut en effet sensiblement modifier l’analyse que nous pourrions faire du premier tour.
Mais, d’une part, il est rarissime que les tendances du premier tour s’inversent radicalement entre les deux tours. Et, d’autre part, les résultats du premier tour peuvent s’analyser pour eux-mêmes.
Personnellement, j’en retiens essentiellement deux chiffres. Tout d’abord, celui de l’abstention (et des votes blancs que l’on omet toujours de comptabiliser dans la « grande presse »). Seuls 44,6 % des inscrits se sont exprimés.
Il est vrai que les scrutins régionaux ne déplacent pas souvent les foules. Mais, cette fois-ci, nous atteignons des sommets ! Cela signifie, par exemple, que le PS triomphe presque partout en France… avec moins de 10,5 % d’assentiment ! Voilà qui remet un peu en perspective l’idée d’une France majoritairement à gauche…
Le moins que l’on puisse dire, c’est que les partis traditionnels ne font pas recette. Plutôt que de pousser des cris de victoire, à la place des dirigeants du PS et de l’UMP, je me poserais quelques questions sur mes liens avec le « pays réel » !…
Le deuxième chiffre majeur de ce scrutin, ce sont les 2,2 millions de suffrages recueillis par le FN (11,4 % des suffrages exprimés). Certes, ces chiffres sont sensiblement plus faibles que ceux de 2004 (3,6 millions de voix et 14,7 % des suffrages exprimés), mais ce score est important à deux titres au moins.
Tout d’abord, il concerne un parti que tous les commentateurs donnaient pour mort depuis l’élection de 2007. Pour un mort, le FN se porte bien !
Et ce score est très nettement supérieur à ce qu’annonçaient les sondages. Preuve que nous avons repris, sous Nicolas Sarkozy, le train-train habituel des électeurs de droite votant FN pour sanctionner la politique de gauche des gouvernants UMP, mais ne le disant pas…
Mais, surtout, ce qui me paraît décisif, c’est que la stratégie de « droitisation » du discours de l’UMP ne fait plus recette. Ainsi Thierry Mariani, choisi pour présider la liste du parti majoritaire en PACA, précisément pour son positionnement droitier, ne devance Jean-Marie Le Pen que de 92 087 voix (2,8 % des inscrits seulement…).
Le succès de Sarkozy en 2007 avait été de se placer à droite sans complexe. L’ouverture à gauche et le « front républicain » ont eu raison de ce succès !
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