Rouxel Jean - jeudi 25 mars 2010
regionales, ump, parti-socialiste
Ce qui m’a frappé dans ce cycle électoral qui s’achève, c’est l’autisme de la caste politico-médiatique. L’autisme des dirigeants, c’est d’abord cette attitude incompréhensible des dirigeants de l’UMP au soir du premier tour s’obstinant à nier la défaite. Mais c’est aussi (et plus gravement) ce mépris de son propre électorat que les trois premières années du quinquennat ont manifesté : du style bling-bling à l’ouverture à gauche, Nicolas Sarkozy, dont la rupture avec Chirac avait séduit les Français de droite, n’a cessé de prendre son électorat « à rebrousse-poil »…
Je ne parle évidemment même pas de la rue de Solférino qui est peut-être encore plus éloignée du monde réel que l’Élysée !
Mais, surtout, ce qui m’a fait bondir à maintes reprises, au cours de cette campagne électorale, c’est la vulgate et le psittacisme des journalistes.
On l’a vu avec les sondages : il était bien entendu que le FN était mort et qu’il ferait 8 % des voix. Je veux bien qu’on se trompe d’un ou deux points, mais comment se tromper à ce point ? Ou encore le 14 mars, quand on a appris que le Front de gauche était la 4e force du pays. Il faisait 5,8 % des voix, à peine la moitié du FN, mais par la grâce de la propagande, il supplantait ce dernier dans les commentaires !
Pour moi, le sommet a été atteint avec les commentaires sur la Corse : on a parlé de victoire socialiste historique. Peut-être n’est-il pas inutile de rappeler qu’en 2004, l’UMP était très largement minoritaire à l’assemblée territoriale (15 sièges sur 51). Et, si la Corse passe à gauche, ce sera uniquement à la faveur d’alliances entre le PS et les nationalistes (comme, en 2004, pour l’UMP).
Surtout, il est exaspérant d’entendre toujours les commentateurs parler doctement d’écarts infinitésimaux de suffrages exprimés sans noter qu’en pourcentage des inscrits, cela ne veut à peu près rien dire.
Alors que la France compte un peu plus de 46 millions de Français de plus de 18 ans, ils sont à peine 43,6 millions à être inscrits sur les listes électorales, et 4,6 millions ont voté pour la « première force politique » du pays au premier tour.
La seule chose qui ressorte clairement des chiffres, c’est que plus de 80 % des Français en âge de voter ont refusé leurs suffrages à l’UMP et au PS au premier tour. Plutôt que de pousser des cocoricos comme au PS ou de minimiser la défaite comme à l’UMP, il vaudrait mieux se demander pourquoi une écrasante majorité des Français rejette les partis « traditionnels »…
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