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Régionales : mobilisation à gauche, démoralisation à droite et consolidation du FN


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Rouxel Jean - mardi 30 mars 2004


Les résultats du premier tour des élections régionales constituent d’abord un sévère avertissement pour la majorité parlementaire. Au-delà des têtes de listes UMP ou UDF, au-delà du Premier Ministre, c’est le président de la République qui est visé, non pas à cause des intérêts catégoriels bousculés par les réformes mises en route, ainsi que le répètent, comme par cœur, ses derniers partisans, mais au contraire à cause de l’absence de réformes, dans les principaux domaines où les électeurs de droite en attendent, c’est-à-dire fiscalisme, sécurité, immigration.

Dans ces conditions il y a de la part de Jacques Chirac soit du cynisme soit du masochisme à se féliciter d’une bonne participation électorale le dimanche 21 mars, car celle-ci n’est que le reflet de la forte mobilisation à gauche, et de la démoralisation à droite, double aspect d’un même phénomène, qui a abouti au résultat observé…

Pour la plupart des caciques de l’UMP, le gouvernement aurait été sanctionné pour sa politique sociale. C’est sans doute l’opinion d’électeurs de gauche. Mais pas forcément celle des électeurs qui ont manqué à la droite parlementaire. Avant d’écouter ses adversaires, cette majorité ferait mieux d’écouter sa propre base…

Mais cela l’amènerait à prendre en considération les points de vue de ceux qui ont voté pour le Front National, formation qui consolide ses positions, et s’affirme aujourd’hui, comme la troisième force politique du pays, loin devant l’UDF.

Le bon sens voudrait, dans une élection à deux tours, que les regroupements soient possibles pour toutes les formations ayant dépassé les scores minima. On l’accepte pour la gauche, y compris pour ses franges les plus extrêmes. La gauche le conteste à la droite, c’est de bonne guerre. Mais non seulement la droite parlementaire accepte cet oukase, mais elle l’adopte, sans aucune raison sérieuse.

L’UMP est en pleine contradiction. Une partie de ses électeurs votent FN. Une autre s’abstient. La logique voudrait qu’elle les retrouve en passant des accords avec le FN. Ou en inscrivant dans son programme des propositions propres à ramener les prodigues au bercail. En ne faisant ni l’un ni l’autre, l’UMP se condamne à perdre les prochaines élections. Le pari de Jean-Marie Le Pen d’être, la prochaine fois, non plus seulement au deuxième tour, mais, face à un candidat de gauche, le candidat unique de la droite est chaque jour plus probable…


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