Rouxel Jean - samedi 06 mars 2004
À quinze jours du premier tour du scrutin pour le renouvellement des conseils régionaux et, pour la moitié des conseils généraux, il est impossible de faire un pronostic, car la seule indication donnée par les sondages d’opinion réside dans le désintérêt massif que les électeurs éprouvent pour cette consultation : selon le sondage Louis Harris pour AOL et « Libération », diffusé lundi dernier, 61 % des personnes interrogées disent ne pas être intéressées par cette campagne ! Et parmi les électeurs qui s’apprêtent à aller voter, une quasi-majorité ne sait pas encore pour qui…
En tout cas, les résultats de ce scrutin ne seront bons ni pour le gouvernement, ni pour la démocratie.
Selon un autre sondage Ipsos, publié également lundi dernier dans « Le Figaro », 47 % des personnes interrogées entendaient marquer leur opposition à l’action du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Une étude précédente réalisée les 14 et 15 janvier derniers, par la Sofres, pour LCI-RTL-« Le Monde », avançait même le chiffre de 65 % d’électeurs souhaitant profiter de cette occasion pour exprimer leur mécontentement. N’ayant rien fait, rien changé ou presque, n’ayant su que creuser le déficit public pour maintenir la consommation, sans relancer l’emploi, le Premier ministre et sa majorité vont être logiquement sanctionnés.
Pourtant, il n’est pas impossible que l’UMP, renforcée par l’UDF, puisse enregistrer plusieurs succès, notamment en Ile-de-France. Car le mode de scrutin, qui avait été établi pour les premières élections régionales au suffrage universel en 1986, et maintenu tel quel pour les scrutins de 1992 et 1998, a été modifié deux fois entre temps, la première par Lionel Jospin en 1999 et la seconde par son successeur au début de 2003. On a maintenant une élection à deux tours. Toutes les listes en-dessous de la barre des 10 % des suffrages exprimés au premier tour sont éliminées. Sauf celles qui, ayant recueilli au moins 5 % des suffrages exprimés, décident de fusionner au deuxième tour… Les sièges sont d’abord répartis au niveau régional, avec une prime de 25 % à la liste arrivée en tête ; puis, les sièges ainsi obtenus sont répartis au prorata des voix au niveau départemental… Il faut être un expert pour s’y retrouver ! Mais ce que chacun aura compris, c’est que ce système a été inventé par le PS puis modifié par l’UMP afin de faire en sorte que ces deux formations politiques, bien que représentant ensemble moins du quart des électeurs inscrits, soient néanmoins assurées de se partager les présidences des régions.
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