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Relance keynésienne et relance monétariste |
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Trémeau Bernard - mercredi 23 février 2011
fiscalite
Les économistes sont actuellement divisés en deux camps, celui des keynésiens, largement majoritaire, et celui des monétaristes, encore minoritaire.
Pour relancer l’économie, les keynésiens ont une recette miracle. L’État doit donner de l’argent aux consommateurs. Avec cet argent, les consommateurs vont pouvoir acheter. Les stocks d’invendus vont fondre comme neige au soleil. Puis, les entreprises ayant retrouvé des clients vont embaucher les chômeurs. La machine repartira.
Pour distribuer plus d’argent aux consommateurs, l’État ne peut pas augmenter les impôts des consommateurs car, en le faisant, il n’augmenterait plus la demande. Il doit donc obligatoirement augmenter les impôts des entreprises ou des « capitalistes ». Mais, avec la mondialisation, il ne peut plus le faire : il aggraverait la non-compétitivité des entreprises françaises. Il emprunte donc de l’argent. Il vit au-dessus de ses moyens dans un but très louable : relancer l’économie…
Depuis 40 ans, pratiquement chaque nouveau ministre des Finances français fait sa relance keynésienne. Elle marche bien au départ, tant que les stocks ne sont pas épuisés. Mais au bout de quelques semaines, la demande devient plus forte que l’offre. Les prix augmentent L’inflation réduit automatiquement la demande qui avait été engendrée par la distribution d’argent.
La banque centrale est alors obligée d’intervenir pour s’opposer à cette inflation : elle rend donc le crédit plus coûteux. Les entreprises investissent moins et les consommateurs achètent moins à crédit.
Au bout de quelques mois, non seulement le chômage n’a pas diminué, mais il a le plus souvent un peu augmenté…
Certains pays distribuent de l’argent sans s’opposer à l’inflation. Une inflation galopante détruit leur économie. Leur monnaie n’a plus de valeur et le chômage y dépasse 50 %.
Pour relancer l’économie, les monétaristes font un autre raisonnement. Quand l’État diminue les impôts touchant les entreprises, celles-ci peuvent utiliser cet argent pour abaisser leurs prix. Et c’est l’entreprise qui les abaissera le plus qui récupérera le plus de clients. Les entreprises qui n’abaisseront pas leur prix seront inéluctablement éliminées. Les prix vont donc baisser.
La banque centrale se trouve alors dans une situation totalement nouvelle. Les prix baissent. Elle pourra diminuer ses taux et ainsi favoriser l’achat à crédit…
Les entreprises emprunteront plus facilement pour investir. Soit elles achèteront des machines plus perfectionnées et offriront à moindre coût des produits anciens à leurs clients. Soit elles mettront sur le marché national et mondial des produits nouveaux. En redevenant compétitives, elles n’auront plus besoin de délocaliser.
Les consommateurs, de leur côté, consommeront plus, pour plusieurs raisons : les prix des produits anciens diminueront, le crédit que leur offre leur banque sera moins coûteux. Ils auront alors les moyens financiers de s’offrir un produit nouveau.
Ainsi keynésiens et monétaristes s’opposent totalement.
Les uns croient relancer l’économie en augmentant le rôle de l’État et en isolant un peu plus la France du marché mondial.
Les autres relancent l’économie en diminuant le rôle de l’État et en insérant un peu mieux la France dans le marché mondial. Marché qui nous offre des produits excellents et variés à un faible coût.
Pour plusieurs raisons, les responsables politiques de la France ne sont pas encore devenus monétaristes.
L’Éducation nationale française est un monopole d’État. Elle enseigne, du collège à l’ENA, les idées de Marx ou de Keynes. Elle oublie d’enseigner celles de Friedman…
En diminuant les impôts, l’homme au pouvoir diminue automatiquement son rôle. Or, les hommes politiques français aiment utiliser la fiscalité pour faire passer leurs idées, pour améliorer le bien commun. Tout particulièrement la fiscalité qui ne touche pas leurs électeurs…
La France peut sortir, demain si elle le veut, de l’ornière dans laquelle elle s’enfonce actuellement chaque jour un peu plus.
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Déficit
Le déficit commercial de la France pour 2010 a atteint le niveau record de 54,1 milliards d’euros (à comparer aux 126 milliards d’excédent commercial de l’Allemagne) !
Chiffres significatifs
IGS > Entre 2000 et 2009, l’Inspection générale des services a réalisé 11 630 enquêtes administratives et judiciaires et proposé 2 030 sanctions.
Corruption > La Cour des comptes russe a relevé des infractions financières de plus de 5,7 milliards d’euros dans la comptabilité de la mairie de Moscou pour les seuls budgets 2009 et 2010 !
Mariage > En 2010, la France a célébré 249 000 mariages et 195 000 Pacs.
E-commerce > Au cours de l’année 2010, le chiffre d’affaires du commerce par internet a atteint, en France, 31 milliards d’euros…
Collectivités > Dans le budget 2011, 99 milliards d’euros ont été prévus pour l’aide aux collectivités territoriales. Un milliard de plus qu’en 2010.
LVMH > Le chiffre d’affaires du groupe de luxe LVMH a franchi en 2010, pour la première fois, la barre des 20 milliards d’euros (en hausse de 19 % par rapport à 2009).
Erratum > Dans le n° 779, nous avons indiqué le chiffre de 17 368 suicides d’agriculteurs en 2009. En réalité, ce chiffre est celui des tentatives de suicide. Le nombre de suicides réels se situe entre 400 et 800 pour l’année 2009. Ce qui laisse tout de même la profession agricole loin devant toutes les autres en matière de suicide : un paysan a environ 4 fois plus de « chances » de se suicider qu’un cadre ! |
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