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Relance: ne pas se tromper de politique


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Trémeau Bernard - mercredi 11 mars 2009

economie-francaise
Les Français sont très inquiets pour leur avenir. Beaucoup pensent même que leurs enfants seront plus pauvres qu’eux. L’économie marche mal. Prenons pour exemple l’automobile. Les voitures étrangères envahissent la France. La Tata, vendue 1500 euros aux Indes,va envahir le Marché européen. Les fabricants français de voiture s’installent à l’étranger. Des milliers de voitures neuves invendues s’alignent dans les parkings de nos usines. Le chômage technique envahit tout le secteur automobile. Les troubles sociaux apparaissent.
Sauver les banques n’est pas suffisant. Il faut maintenant relancer l’économie. Comment ?

1) Augmenter les salaires. Pratiquement tous les partis politiques français prônent cette relance. Mais une augmentation des salaires serait surtout bénéfique à Volkswagen, les voitures étrangères étant déjà moins coûteuses que les Peugeot. Et une augmentation des salaires rendrait les voitures françaises encore moins compétitives.

2) Diminuer la TVA (comme les Anglais l’ont fait), de 5% par exemple. Le niveau de vie augmenterait immédiatement de 5% et il n’y aurait pas d’augmentation des salaires dans l’automobile. Mais la TVA est actuellement pour la France et l’Europe la seule protection possible contre la concurrence étrangère, puisque les droits de douane sont abolis. Plus la TVA est élevée, plus le prix des voitures importées est élevé. Il faut augmenter la TVA, non pas la baisser…

3) Diminuer les taux courts de la BCE sans diminuer avant les charges inflationnistes pesant sur les entreprises ne peut pas donner de relance : ça ne peut donner qu’inflation , puis chômage.

4) Donner une prime à la casse. Elle peut être donnée à l’acheteur. Une voiture vaut 10 000 euro. L’Etat donne 1000 euro à ceux qui achètent une voiture neuve. Cette vente procurera en plus 1800 euros de TVA à l’Etat. Elle réduit donc le déficit budgétaire, mais elle ne fait pas baisser les prix et profite surtout aux voitures étrangères moins coûteuses…
La prime à la casse donnée au constructeur est plus intéressante : Peugeot qui a des milliers de voitures en stock abaissera automatiquement son prix à 9000 euros pour liquider ses stocks très coûteux. Les constructeurs étrangers sont éliminés, l’inflation est réduite et la BCE peut réduire ses taux. Mais cette mesure est contraire aux directives de Bruxelles. Elle doit être européenne.

5) Réduire les charges touchant les entreprises et augmenter de façon équivalente de la TVA. (la fameuse TVA sociale) L’augmentation de la TVA associée à une réduction des charges pesant sur les entreprises aboutit à une baisse des prix. Il n’y a pas de réduction immédiate du pouvoir d’achat et la baisse des prix en France exporte le chômage en Allemagne. Mais elle permet à la banque centrale de baisser ses taux courts, donc d’augmenter le pouvoir d’achat des Européens. C’est ce qu’a fait Schröder en Allemagne en 2002. La reprise a été forte en Allemagne ,moins forte en Europe. Mais la « TVA sociale » a coûté une trentaine de députés à l’UMP…

6) Réduire les charges pesant sur les entreprises françaises sans augmenter la TVA. (Suppression par exemple de la taxe professionnelle). Une telle action augmente en principe le déficit budgétaire. Mais elle donne aux entreprises les moyens de baisser leurs prix tout en gagnant autant d’argent. Les prix baissent , le pouvoir d’achat augmente immédiatement et l’on vend plus de voitures. Peugeot et Renault redeviennent compétitifs. Notre déficit commercial est réduit d’autant.
Surtout, les prix baissant, la BCE peut réduire ses taux sans être inflationniste : le pouvoir d’achat des Européens va augmenter. L’Irlande a réalisé une telle opération en 1985. Un an plus tard, une croissance de 5,9 % avait augmenté les rentrées fiscales de l’Irlande...

7) Supprimer les impôts pénalisant le capital (type ISF). Ces impôts font en effet fuir à l’étranger les capitalistes et les capitaux dont les entreprises ont besoin pour investir et innover. Donc réduisent fortement la progression de notre pouvoir d’achat.
Il ne faut pas supprimer les paradis fiscaux comme le Luxembourg ou le Liechtenstein. Il faut au contraire supprimer les enfers fiscaux responsables du chômage. La relance dans les mois qui viennent est tout à fait possible. En faisant les bons choix.

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En bref
Énergie
 Les prix de l’énergie en France ont reculé de 5,6% durant le seul mois de décembre !

Chiffres significatifs
Faillites > Du fait de la crise, on estime que 63 000 entreprises françaises feront faillite en 2009.

Heures sup > 50% des Français ayant déclaré des heures supplémentaires en 2008 ont gagné moins de 18149 euros dans l’année.

Soldes > Les Français ont dépensé en moyenne 271 euros pendant les soldes.

Portables > Les ventes de téléphones portables ont diminué de 18% en France au cours de l’année 2007 !

Coton > La Chine est le premier producteur mondial de coton : 8,03 millions de tonnes, devant l’Inde (5,2 millions de tonnes) et les Etats-Unis (2,96 millions de tonnes).

FIV > 200 000 enfants sont nés par fécondation in vitro en France depuis 30 ans.

Salaire > En 2006, le salaire annuel brut moyen des Français s’élevait à 30521 euros, très loin des 48307 euros des salariés danois, mais aussi très au-dessus des 2195 euros des salariés bulgares…

VIN > Pour produire un litre de vin, il faut consommer 960 litres d’eau…

Peine de mort > 135 des 197 États membres de l’ONU ont aboli la peine de mort.

Leclerc > Le chiffre d’affaires de Leclerc s’est élevé à 27,9 milliards d’euros en 2008, dont 25,8 en France.

Dette > La dette publique française s’élevait à la fin 2008 à 1284,8 milliards d’euros, contre 1209,5 milliards un an plus tôt !




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