Rouxel Jean - mardi 09 décembre 2008
economie-francaise
Nicolas Sarkozy a présenté le 4 décembre son plan de relance pour répondre à la crise. Pour l’essentiel, ce plan se résume à ceci : 26 milliards d’euros pour encourager les investissements de l’État, des entreprises et des particuliers.
Il me semble que ce plan présente au moins deux difficultés. La première tient au montant. 26 milliards d’euros, même si cela paraît gigantesque, c’est dérisoire pour redonner de la confiance aux acteurs économiques. Par ailleurs, l’effet est encore amoindri par la déplaisante impression de saupoudrage qu’a donnée l’annonce du chef de l’État : 2 milliards pour l’automobile, 0,7 pour la prime pour l’emploi…
Si les centaines de milliards d’euros déjà injectés depuis l’été dans l’économie n’ont pas suffi à redonner de l’optimisme aux investisseurs, on voit mal comment 26 milliards d’euros y parviendraient !
Le deuxième problème tient à la nature même du plan de relance. On a dit et redit qu’enfin le pouvoir politique reprenait ses responsabilités économiques. Jean-Paul Fitoussi, économiste keynésien réputé, s’est même félicité que ce soit le plus grand plan de relance jamais entrepris depuis 1981. Pardon, monsieur l’expert, mais ce n’est pas fait pour nous rassurer !
Dans l’état actuel des finances publiques, je ne vois pas où l’on va trouver ces 26 milliards d’euros. D’ailleurs, dans la foulée, Nicolas Sarkozy a annoncé qu’il renonçait à parvenir à l’équilibre budgétaire avant la fin du quinquennat. Je dis bien : équilibre budgétaire, et non résorption de la dette publique. Cette dernière va donc continuer à crever des plafonds.
Mais, surtout, je reste sidéré que personne ne fasse remarquer au Président que ces mesures sont de nature très différentes : la politique de « grands travaux » aurait un sens si elle reposait sur les budgets d’aide sociale et qu’elle remettait ainsi les chômeurs sur le marché du travail. Mais ce n’est pas de cela qu’il est question. Un pur « investissement » public, sans les moyens de les financer. Comme ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy semble drogué à la dépense publique et, pire encore, à la dette publique.
Un plan de relance véritable, c’est-à-dire reposant sur de vrais investissements effectués avec de l’argent réel, ne pourrait consister qu’en défiscalisation des entreprises. Si ces 26 milliards, au lieu de constituer des dépenses, avaient été « prélevés » sur les recettes fiscales, j’aurais applaudi. Au lieu de quoi, on rassemble les ingrédients de la crise à venir !
13 commentaires - Ecrire un commentaire
|