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Religion et politique : La visite du pape en France


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Lambert Christian - mardi 23 septembre 2008

religion
La visite du pape en France est un événement religieux et politique d’importance qui appelle les observations et réflexions ci-après :

1. L’organisation de cette visite a été remarquable. Elle a nécessité des mois d’un travail extrêmement minutieux qui a été mené à bien par les ministères des Affaires Étrangères et de l’Intérieur ainsi que la ville de Paris. Dans une telle manifestation, autour de l’une des personnalités les plus en vue de la planète et qui réunit des foules de plusieurs centaines de milliers de personnes, le souci sécuritaire est obsessionnel. Nul n’a oublié la tentative d’assassinat du pape Jean-Paul II, le 13 mai 1981, par un Turc, Mohammed Ali Agça, manipulé par le KGB à qui le bureau politique du comité central du parti communiste soviétique avait, à la majorité, donné l’ordre d’assassiner le pape polonais. Aujourd’hui, en matière de terrorisme, l’islamisme sous l’influence d’Al Qaïda a succédé au KGB. La vigilance doit donc être extrême. Il faut savoir gré à Nicolas Sarkozy d’avoir donné des instructions pour que l’accueil réservé à Benoît XVI soit exceptionnel.

2. On ne peut qu’approuver le nouveau concept de « laïcité positive » développé par le Président de la République dans le but de mettre fin ou du moins d’atténuer la tradition anticatholique des pouvoirs publics en France mais, jusqu’ici, force est de constater que la laïcité a surtout été positive pour l’islam (menus spéciaux dans les cantines scolaires, salles de sport réservées aux femmes musulmanes, tribunaux tenant compte du Ramadan, construction de mosquées aux frais du contribuable alors qu’une partie du patrimoine architectural français est à l’abandon – j’y reviendrai). Espérons que cette nouvelle laïcité sera aussi positive pour l’Église catholique.

3. La tradition d’hostilité à l’égard de l’Église est l’une des constantes de la politique française.
La Révolution de 1789 est entachée de crimes et de massacres commis contre le catholicisme et son clergé. Des livres d’historiens les ont énumérés et décrits. Je me bornerai ici à rappeler l’assassinat en une seule journée de 115 prêtres au couvent des Carmes à Paris en 1792 et surtout le génocide vendéen.
Le représentant du peuple Garnier écrit en 1793 au comité de salut public : « L’armée de Brest a tué 3 000 femmes. Les enfants ont été jetés dans la rivière du Pont aux Baux et tout le pays dans les environs est jonché de leurs morts… »
Rendant compte des opérations qu’il mène en Vendée, le général Turreau fait rapport à la Convention en 1793 : « Nous avons placé les femmes et les enfants dans les églises et nous y avons mis le feu. Tout ce qui peut être brûlé est livré aux flammes… » Ainsi la Révolution française a-t-elle « montré l’exemple » aux unités SS de la division Das Reich qui a commis ce que l’on sait à Oradour en août 1944. Et, comme il ne fallait pas publier ce sinistre passé, on a célébré en grande pompe le bicentenaire de la Révolution, en prêchant sans discontinuer les droits de l’homme à travers le monde !

Puis, ce fut la loi de 1905 de séparation de l’Église et de l’État dans un esprit, non pas de neutralité, mais d’hostilité contre l’Église. La IIIe République en fut imprégnée où il était bon de « bouffer du curé ». On arrive à Jacques Chirac qui s’est opposé avec opiniâtreté et efficacité à la mention des « racines chrétiennes de l’Europe » dans la constitution de l’Union européenne, ce qui a fort déplu à la majorité des chefs d’État de l’UE et bien sûr au Vatican. Et le 12 septembre dernier on a pu lire dans « Le Monde » Jean-Luc Mélenchon, sénateur socialiste de l’Essonne, qui, relatant la visite du pape dénonce « l’hébétude du spectacle qui risque d’éteindre la vigilance laïque… » sic !

C’est que la religion est « l’opium du peuple » (de gauche), dans un pays où plus de 50 % de l’opinion est toujours à gauche. La totalité des régions, sauf une, est administrée, je le rappelle, par des élus socialo-communistes – et mal administrée avec, là aussi, une dette publique de 125 milliards d’euros à ce jour.

4. Il est vrai que l’Église catholique connaît une profonde désaffection. La société française est l’une des plus déchristianisées d’Europe
. La proportion des croyants qui fréquentent les églises au moins un dimanche par mois plafonne à moins de 5 % des quelque 60 à 65 % des Français se déclarant encore de « culture » catholique. Alors, où vont les non-croyants ? Eh bien, ils vont vers d’autres croyances : les sectes par exemple, où la stratégie est la même que dans le socialo-communisme : « Donne-moi ta montre et je te donnerai l’heure. » Ils deviennent adeptes du bouddhisme, une religion certes éminemment respectable mais qui ne figure pas parmi les racines de l’Europe qui sont grecques, romaines et chrétiennes.
On peut ajouter à cela les nombreuses conversions à l’islam avec des candidats terroristes qui recherchent le martyre et ainsi peuvent rejoindre Allah le tout-puissant et le miséricordieux. Mais le plus grand nombre adore le veau d’or, c’est-à-dire la société de consommation, dont le grand-prêtre est la télévision, une école de perversion pour qui manque de discernement.
Bref, le pape Benoît XVI aura du mal, je le crains, à obtenir que la « Fille aînée de l’Église » fasse davantage preuve de religion et aussi d’un peu de bon sens…

Christian Lambert
Ancien Ambassadeur de France

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