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Reprise ou croissance molle ?


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Pascallon Pierre - mercredi 11 novembre 2009


Il semble que la reprise soit là aux États-Unis. Mais à dire le vrai, la reprise paraît se dessiner sur tous les continents, ce qui permet à Olivier Blanchard, chef économiste du FMI, d’assurer que « la reprise économique mondiale a commencé ». L’OCDE, dans son dernier rapport de conjoncture de septembre 2009, adopte le même point de vue.

Force est de reconnaître que le « commencement » de cette reprise – si c’est confirmé sur les prochains mois – est une « surprise », une « bonne » surprise. Car le rebond serait en effet d’une rapidité historique sans précédent.
Souvenons-nous – ce n’est pas si vieux – de la sévérité de la crise fin 2008-début 2009… Par suite, on voyait nos pays s’enfoncer dans une dépression forte et longue.

Pourquoi la reprise a-t-elle été beaucoup plus précoce et rapide que ce que l’on pouvait envisager raisonnablement face à la sévérité de la dépression ? La réponse à cette question est quasiment unanime chez tous les commentateurs : ce sont les mesures gouvernementales qui ont limité l’ampleur de la dépression et accéléré la reprise.

On peut donc affirmer avec assurance que c’est bien l’action très forte des pouvoirs publics lancés dans une course de vitesse contre la dépression qui a conduit, à coups de milliards (100 milliards d’euros pour le plan de relance français), à amortir l’ampleur « normale » du recul économique sur le seul jeu des forces de marché et à avancer la reprise.
Bien sûr, l’interrogation qu’on ne peut éluder à ce point de la réflexion est la suivante : si la reprise a bien commencé, ce rebond va-t-il être durable ? La majorité des experts incite à la prudence en reconnaissant que les signes de la reprise sont « timides », que les fondations de la reprise sont « fragiles », bref que rien ne garantit vraiment qu’il ne s’agira pas d’un simple rebond…

Le mur de la dette et la croissance molle

La reprise actuelle est en grande partie « dopée » par l’intervention des pouvoirs publics. Lorsque l’économie privée aura moins de soutien public, sera-t-elle prête à prendre le relais et à assurer une croissance auto-entretenue, sans « béquille » ? On comprend les hésitations des gouvernements face à la situation actuelle. C’est ainsi que, chez nous, les mesures exceptionnelles qui devaient s’arrêter au 31 décembre 2009 (prime à la casse, dispositif « zéro charge » dans les TPE…) ont été prolongées au-delà et on essaiera – pour citer le ministre de l’Économie, Christine Lagarde – de sortir de ces dispositifs « sur la pointe des pieds » !

Il s’agit bien en effet d’éviter une rechute de l’activité dès mi-2010, compte tenu du fait que l’investissement, la production, la consommation privés paraissent trop « plombés » pour assurer dès cette époque une croissance auto-entretenue suffisamment robuste. D’autant que se prépare, semble-t-il, sur les prochains mois une détérioration significative du marché du travail et donc du pouvoir d’achat.

« L’avenir » de la reprise – on le perçoit – est loin d’être définitivement assuré. On semble bien s’orienter vers une période de croissance « basse », de faible ampleur avec un scénario qui pourrait ressembler à celui des années 30 ou à celui du Japon des années 1990-2000.
Si l’on veut éviter absolument la référence aux années 30, le scénario japonais paraît pour beaucoup devoir s’imposer sur les prochaines années : la croissance annuelle moyenne japonaise n’a pas dépassé les 1,6 % de 1990 à 2002, avec pourtant pas moins de 12 plans de relance durant cette période.

Vision trop pessimiste, objecteront certains. Et, pourtant, une telle phase descendante est possible, sinon inéluctable. Dans nos pays, le privé ne peut plus se permettre longtemps les délices pervers d’une croissance à crédit. Et les États ne pourront malheureusement pas régler les difficultés par la croissance indéfinie de l’endettement public : ce serait trop simple, trop miraculeux.

La croissance par endettement privé infini est terminée, et le relais par endettement public infini est impossible. Les années que nous vivons, celles qui s’annoncent, seront donc pour les États-Unis et nos pays (les pays émergents seront proportionnellement moins touchés par ce ralentissement) des années de croissance « molle », les particuliers, les entreprises, les États étant confrontés au « mur de la dette ».

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En bref
Social
En 2008, les dépenses d’aide sociale engagées par les départements français se sont élevées à 30,4 milliards d’euros. Soit 4,1 % de plus qu’en 2007 !

Chiffres significatifs
Pesticides > L’Europe a consommé 8,3 milliards d’euros de pesticides en 2007, soit 31,7 % de la consommation mondiale !

Corée > Après une chute de 24 % à cause de la crise économique mondiale, la production manufacturière de la Corée du Sud vient de retrouver son niveau du printemps 2008 !

Habitations > Fin 2008, par suite des saisies bancaires, 19 millions d’habitations se trouvaient inoccupées aux États-Unis !

Personnel > En 2008, les collectivités territoriales ont dépensé 48,03 milliards d’euros pour leur personnel, contre 44,51 en 2007 et 38,57 en 2005 !

Agriculteurs > 18% des agriculteurs français ont plus de 55 ans.

Dette > 52,6% des ménages français étaient endettés à la fin de l’année 2008. Ils devraient être 25 % de moins à la fin de l’année 2009 !

Heures sup > Les entreprises ont utilisé 725 millions d’heures supplémentaires en 2008. Le montant corollaire des exonérations de charges, en vertu de la loi TEPA, s’est élevé à 2,8 milliards d’euros !

ISF > Le nombre de foyers assujettis à l’ISF a augmenté de 7,2 % en 2008 (et, plus grave encore, ce nombre a augmenté de 90,7 % depuis 2003 !…), pour atteindre 565 966 foyers. Le versement moyen de ces foyers au titre de l’ISF a été de 6 732 euros.




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