|
|
Retour dans l’OTAN: pour quoi faire? |
|
Baudouin Pierre - mercredi 11 mars 2009
otan
Nicolas Sarkozy a annoncé au début de l’année son désir de voir la France rejoindre le commandement intégré de l’OTAN. On ne peut nier que, grâce à Sarkozy, la France a abandonné son absurde anti-américanisme cocardier. Absurde, non pas au sens où il serait absurde de s’opposer aux États-Unis; mais au sens où il est grotesque de venir faire la leçon aux Américains, pour, quelques jours après, courir dans leurs jupons pour se mettre à l’abri des diverses menaces internationales.
Que Sarkozy en ait fini avec ce comportement infantile est tout à son honneur. Cela légitime-t-il pour autant le retour dans le commandement intégré? Il ne me semble pas.
Il serait trop facile d’utiliser l’argument ad hominem: Sarkozy se déclare gaulliste, donc il est mal placé pour revenir sur la décision de De Gaulle de sortir de l’OTAN. Cet argument, que je vois fleurir un peu partout, me semble incompréhensible. Les circonstances ne sont pas les mêmes. Et j’imagine que, même pour les gaullistes (je n’en suis pas…), le Général ne devait pas être infaillible !
Pour ma part, je vois trois arguments contre le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN.
Tout d’abord, la légitimité même de l’OTAN est problématique. Cette organisation défensive a été bâtie en opposition au Pacte de Varsovie. Elle est devenue une organisation offensive, comme elle l’a montrée en ex-Yougoslavie. Et elle n’est plus dirigée contre la menace soviétique. Je ne prétends évidemment pas que le monde n’est plus dangereux, et je ne vois aucun inconvénient – au contraire – à ce que les Américains et leurs alliés se défendent, mais l’OTAN me semble assez mal adaptée à l’état actuel du monde.
Deuxième argument: celui de l’efficacité. Tous les partisans du retour dans le commandement intégré nous ont affirmé que les décisions s’y prenaient à l’unanimité et que nous n’avions donc rien à craindre.
D’abord, il s’est déjà vu que des interlocuteurs importants obtiennent des unanimités de façade en faisant pression sur leurs interlocuteurs plus faibles. Mais, là n’est pas la question. Le peu que je connaisse à la situation internationale actuelle me laisse penser que la principale menace contemporaine est terroriste et liée à l’islam radical. Imagine-t-on alors qu’il soit sage d’avoir un gouvernement sympathisant de l’islam radical (la Turquie en l’occurrence), capable de poser son veto à toute intervention? C’est donc soit que l’OTAN ne sert à rien, soit qu’il y a moyen de contourner la règle de l’unanimité, soit encore que l’OTAN n’estime pas que l’islam radical soit une menace, auquel cas on aimerait en savoir plus sur la vision géopolitique de l’organisation.
Dernier argument: je ne vois ce que la France va gagner à ce retour dans le commandement intégré de l’OTAN. NOus sommes déjà membres de l’organisation; nous n’aurons ni plus ni moins voix au chapitre. Bref, quel est l’intérêt?
Faute d’avoir des réponses, sur la légitimité, l’efficacité et l’intérêt, je reste pour le moment très réservé sur cette décision présidentielle.
6 commentaires - Ecrire un commentaire
|
Banque
«Durant la seconde moitié de 2008, le manque de liquidités a été le principal problème du système bancaire. Or, dans de nombreux cas, l'argent de la drogue est le seul capital d'investissement disponible…»
Antonio Maria Costa, directeur de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime
SIC
Centre «Des millions de Français ne se reconnaissent pas ou plus dans la manière dont Nicolas Sarkozy gouverne et dans la manière dont le PS s’oppose.»
François Bayrou
Bayrou «François Bayrou est l’homme du passé.»
Frédéric Lefebvre,
député UMP des Hauts de Seine
Jeunesse «Quelle belle chose la jeunesse ! Quel crime de la laisser gâcher par les jeunes ! Enfin, les jeunes qui refusent le changement…»
Franz-Olivier Giesbert, journaliste
CSA «Longtemps, le Conseil supérieur de l’audiovisuel a été le faux nez des pouvoirs en place. Son indépendance reste fragile…»
Jean-Pierre Elkabbach
Proche-Orient «Les Israéliens et les Palestiniens ne parviendront jamais à un accord tout seuls.»
Zbigniew Brzezinski, conseiller à la sécurité de Jimmy Carter
Archaïsme «Quand on lit le programme du Nouveau Parti Anticapitaliste, c’est vraiment le retour vers l’ère glaciaire !»
Claude Bartolone, député PS
Élections «Quand je fais des campagnes, je ne les fais jamais pour les gens intelligents. Des gens intelligents, il y en a 5 à 6% : 3% avec moi et 3% contre. Donc je fais campagne auprès des cons et là, je ramasse des voix en masse !»
Georges Frêche, président PS de la région Languedoc-Roussillon |
|
|
|