Rouxel Jean - mercredi 24 mai 2006
Deux périls majeurs, et étroitement imbriqués, menacent la paix et la prospérité du monde. Le premier se situe en Iran, où le régime théocratique des mollahs est sur le point de détenir l’arme atomique tout en claironnant qu’elle la destine à l’État d’Israël (voir page 8 la chronique de Laurent Artur du Plessis). Le second est d’ordre financier. Il s’est traduit mercredi 17 mai par une chute brutale, sur tous les marchés des valeurs, qui, depuis ce jour, sont clairement orientés à la baisse. L’inquiétude est palpable. En 2005, la croissance économique mondiale a encore été supérieure à 4 %.
Il faut remonter quarante ans en arrière pour retrouver une période aussi favorable que celle des dernières années, même si, hélas ! la France n’a pas su en profiter. Cette situation est largement le fruit d’une politique monétaire très laxiste de la part de la Banque Centrale américaine, la Fed, suivie par la Banque Centrale européenne, la BCE. Cette politique, basée sur des taux d’intérêt très bas, a certes été corrigée depuis deux ans, avec 16 augmentations successives du taux directeur de la Fed. Mais il n’en demeure pas moins que l’endettement de tous les agents économiques a certainement atteint aujourd’hui un niveau excessif, que ce soit celui des États, des entreprises ou des particuliers. C’est ainsi, par exemple, que depuis le début du premier mandat de George Bush, le système monétaire américain a financé un montant de dettes supérieur à celui qui l’avait été au cours des 200 années précédentes ! Au-delà de la crainte d’un retour de l’inflation, hantise des banques centrales (+ 0,7 % de hausse des prix en avril dans la zone euro et + 0,6 % aux États-Unis), c’est bel et bien une crise financière mondiale majeure que craignent les marchés car une forte et rapide hausse des taux se traduirait par des faillites en cascade.
S’ajoute à cela des craintes spécifiques sur la solidité et même la pérennité du dollar. Depuis que la monnaie américaine n’est plus indexée sur l’or (1971), elle continue à être le principal véhicule du commerce mondial, parce que chaque billet vert est une créance sur l’économie qui domine le monde, et aussi parce que la diplomatie américaine le veut. C’est parce que le dollar est la principale monnaie de réserve du monde que les États-Unis peuvent financer un déficit commercial devenu abyssal. Un jour où l’autre, comme les châteaux de cartes, les montagnes de dettes s’écroulent. Nous y sommes peut-être…
15 commentaires - Ecrire un commentaire
|