Bonus WEB - dimanche 23 mai 2010
retraites
Il faut vraiment avoir l'esprit tordu pour imaginer, comme le prétendent les socialistes, que vivre plus longtemps puisse être considéré comme coupable par qui que ce soit.
Et il faut avoir la comprenette singulièrement obtuse pour ne pas comprendre que, quand on vit vingt ans de plus qu’à l’époque où l’actuel système de retraite a été mis en place, on perçoit sa pension trois ou quatre fois plus longtemps qu'il n'avait été prévu à l'origine.
Or pour verser une retraite trois ou quatre fois plus longtemps, il faut nécessairement trois ou quatre fois plus d'argent !
Cet argent, les socialistes proposent de le prendre dans la poche des « riches » : mais, même si on taxait les revenus et les patrimoines les plus élevés à 95% (ce qui conduirait les contribuables ainsi visés à quitter la France et tarirait aussitôt cette source), cela ne suffirait pas, à moins de considérer comme « riches » les membres les plus modestes de la classe moyenne !
Tripler ou quadrupler les cotisations semble impossible. Diminuer des deux-tiers ou des trois-quarts le montant des retraites ne l’est pas moins. Reste donc la solution d'obliger les Français à travailler, et donc à cotiser plus longtemps.
Mais cette nécessité se heurte aux très mauvaises habitudes prises par les entreprises et les salariés.
Les entreprises se refusent à donner des emplois sûrs et correctement rémunérés aux plus jeunes, à cause du coût de leur formation ; et les jeunes ne sont pas tous mécontents de n'entrer réellement dans la vie active que vers trente ans, car l'assistance ne leur fait pas défaut et leur permet de jouir de leur liberté.
Par ailleurs, elles se débarrassent au plus tôt, à cinquante ans ou même avant, de leurs salariés anciens et compétents, parce qu'il faut les payer plus cher que les jeunes. Et les salariés ne sont pas tous mécontents de jouir de leur préretraite ou de leur retraite quand, les progrès médicaux aidant, ils sont encore dans la force de l'âge.
Mais à ce compte, les cotisations ne sont versées à un niveau normal que pendant une vingtaine d'années... Et trouver un compromis entre la nécessaire liberté des entreprises et des salariés et la nécessité de leur faire perdre leurs mauvaises habitudes, s'apparente à une tentative de résoudre le problème de la quadrature du cercle.
Marie Merlin
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