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Réunification de l’Allemagne : L’erreur économique


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Rouxel Jean - dimanche 21 novembre 2004


Le 9 novembre 1989, le Mur de Berlin, qui avait été construit le 13 août 1961, tombait. C’était la fin de la guerre froide. L’URSS ne s’en remettrait pas. La stratégie offensive, développée par le président Ronald Reagan, contre l’empire du mal triomphait.
La réunification proprement dite n’eut lieu que le 3 novembre 1990. Au plan économique, elle se présentait sous les meilleurs auspices : certes le retard économique de l’est par rapport à l’ouest était grand - contrairement à ce qu’une propagande bien orchestrée pendant trente ans était parvenue à faire croire au monde entier… - mais l’Allemagne fédérale était riche, à la recherche de nouvelles opportunités et de grands chantiers, prête à mettre le paquet pour moderniser la partie orientale sous-développée.
La pauvreté relative de l’est était aussi son atout-maître : la main-d’œuvre était assez bien formée et, à la condition d’obéir aux lois du marché, il était à prévoir qu’un rush des investisseurs et des entrepreneurs transformerait l’ex-république socialiste en un vaste chantier. Certains parlaient déjà d’un nouveau dragon, d’un possible eldorado…
Pour qu’un tel scénario se mette en place, il eût simplement fallu que les politiciens allemands respectent les lois économiques les plus élémentaires, et c’est ce qu’ils ne firent pas.
La monnaie étant, en Allemagne comme ailleurs, un bien relevant de la gestion publique, il revenait au chancelier Helmut Kohl de fixer la parité entre le mark de l’ouest et celui ayant eu cours jusque-là à l’est. La comparaison des productivités respectives des deux parties réunifiées aurait voulu qu’on établisse une parité d’un mark de l’ouest pour trois ou quatre marks de l’est. Le chancelier, n’écoutant que ses bons sentiments, décida que ce serait un pour un. Les Allemands de l’est croyaient faire une bonne affaire…
Sans doute le chancelier espérait-il ainsi acheter les voix de ses nouveaux concitoyens au profit de son parti, la démocratie chrétienne. Mais, rapidement, les effets dévastateurs d’une telle erreur économique se révélèrent, en particulier au plan social : à égalité de salaire la main-d’œuvre de l’est, moins productive, restait sur le carreau. 1 500 milliards d’euros « transférés » n’y changèrent rien, et le chômage est aujourd’hui à l’est plus du double de ce qu’il est à l’ouest…
Du coup même le calcul politique se révéla erroné : anciens communistes et néo-nazis sont les seuls bénéficiaires de cette bévue.

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