Rouxel Jean - mercredi 25 février 2009
La prochaine réunion du G20, début avril, risque de nous offrir le spectacle d’une nouvelle débauche d’argent public.
En tout cas, les membres européens du G20 (qui forment ensemble le G4) : France, Allemagne, Royaume-Uni et Italie, se sont mis d’accord sur une ligne assez inquiétante pour l’avenir. Ils envisagent de doubler leur contribution au FMI, l’augmentant ainsi de la bagatelle de 500 milliards de dollars. Certes, les quatre ne sont pas dans la même situation catastrophique que nous, mais tout de même sortir 500 milliards en temps de crise, c’est une jolie prouesse !
Naturellement, la conséquence de cela, c’est que les baisses de charges, notamment sur les entreprises, seront reportées aux calendes grecques. Plus vraisemblablement même, les charges vont augmenter. La marge de manœuvre financière des entreprises va se réduire d’autant. Elles dépendront davantage du crédit et investiront moins. Le chômage va à nouveau augmenter et, avec lui, le coût de l’État-providence. Bref, il est impossible d’agir plus à contresens.
Mais le plus fort, c’est que les membres du G4 pensent que gonfler le budget du FMI « permettra au FMI non seulement de gérer les crises quand elles se produisent mais aussi de les éviter » (dixit Gordon Brown). On se demande sur quoi il se fonde pour affirmer cela !
Le plus vraisemblable, c’est, au contraire, que ces 500 milliards seront assez rapidement absorbés par le « fonctionnement » de cette officine, dont le mandat n’est d’ailleurs pas très clair. Cela permettra sans doute de relancer l’industrie hôtelière et celle des transports aériens, mais cela fait tout de même cher du billet d’avion !
On peut en revanche se réjouir du souci commun d’une meilleure régulation des fonds spéculatifs. À condition que cette meilleure régulation tienne compte des réalités économiques et, en particulier, de celle-ci, que tous les médias semblent méconnaître : les hedge funds, qui sont effectivement les institutions financières les moins régulées, sont aussi celles qui ont pris le moins de risque-crédit (par opposition, notamment, aux banques).
Alors réguler, oui ! Le capitalisme doit effectivement reposer sur des règles claires et simples. Mais commençons donc par réguler les États et les banques !
À défaut de se réjouir au plan économique, nous pouvons au moins nous réjouir d’une réalisation politique : pour la première fois, une réunion des grands pays européens a permis l’élaboration d’une stratégie commune…
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