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Revenir au Marché Commun et y accueillir la Turquie


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Trémeau Bernard - dimanche 24 octobre 2004


La demande d’adhésion de la Turquie, au moment où l’Europe doit se prononcer sur la constitution européenne, agite fortement le monde politique Français. Cette demande soulève en effet des problèmes économiques, politiques, religieux ou démographiques majeurs.
• Sur le plan économique, il existe un marché commun soumis aux lois de la concurrence. L’adhésion de la Turquie risque de perturber ce Marché du fait de deux réalités économiques. Le niveau de vie des Turcs est bien inférieur au niveau de vie des autres pays européens. L’outil de travail et les salaires dont les Turcs disposent sont bien inférieurs à ce qu’ils sont en France. L’Allemagne de l’Est n’a pas encore fini de résoudre cet énorme problème. La libre circulation des hommes poussera les Turcs à venir habiter en France, alors que la libre circulation des capitaux poussera nos investisseurs à construire leurs usines en Turquie. Les déséquilibres économiques français risquent d’être encore accentués.
Mais il n’est pas interdit de rêver. L’arrivée de la Turquie ouvrira peut-être les yeux des hommes politiques français, qui comprendront qu’il faut rendre compétitifs et la France et ses entreprises.
• Avec la constitution européenne, Giscard propose de créer un super État européen. Il propose en particulier la création d’un ministre des affaires étrangères européen. Or, déjà aujourd’hui, chaque nation européenne a, sur tous les problèmes de politique étrangère, une position très personnelle. Certains pays sont par exemple favorables à la guerre américaine en Irak, d’autres comme la France y sont opposés. La prise en charge par le Ministre européen de la politique étrangère de la Turquie, impliquée en Irak avec les Kurdes, apparaît comme utopique.
L’Europe à 25 unit dans un marché commun des peuples différents. Certains n’ont pas connu la chape de plomb communiste, d’autres l’ont subie pendant 50 ans. Il est normal que leur vision de l’idéal politique soit totalement différente, alors qu’ils sont tous heureux de profiter des avantages du Marché Commun : la paix et la richesse en prime. La construction politique d’un super état européen apparaît aujourd’hui comme bien trop prématurée.
Laissons d’abord les Européens échanger entre eux leurs marchandises et leurs idées. Laissons-les apprécier toutes leurs différences et modifier de façon pragmatique, au coup par coup, leur façon de vivre, sans imposer quoi que ce soit à qui que ce soit.
• Sur le plan religieux, la religion musulmane fortement dominante et vigoureuse en Turquie s’oppose à la religion chrétienne en déclin et de moins en moins dominante en Europe. Pour beaucoup de Français, et à juste titre, les violences qui ensanglantent actuellement le monde ont un lien avec la religion musulmane. La dynamique de la religion musulmane, qui pousse les Musulmanes à mettre un voile provocateur ou les jeunes beurres des banlieues à narguer la police, est déjà ressentie par beaucoup comme trop envahissante. L’entrée massive de musulmans qui savent ce qu’ils veulent dans une Europe politique qui ne sait plus ce qu’elle veut ne semble pas préparer un avenir radieux.
• Sur le plan démographique enfin, la fécondité des Musulmans est encore bien supérieure à celle des non musulmans. L’évolution démographique risque de rendre un jour majoritaire les populations d’origine musulmanes et leur façon d’envisager la politique.

Aujourd’hui, un choix très important doit être fait par les Européens. Soit nous construisons un super-état européen avec toutes les contraintes politiques, fiscales ou sociales que cet État implique, et l’arrivée de la Turquie dans un tel État apparaît comme une folie. Soit, chaque État restant totalement indépendant, nous améliorons le Marché commun qui les unit. Pourquoi alors ne pas inviter la Turquie, la Tunisie ou l’Ukraine ? Plus le Marché est vaste, plus la concurrence est forte, plus la richesse de la population augmente.

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Courrier
…Pour corriger la loi Galland, on élabore une nouvelle loi, tout en sachant parfaitement - mais chut ! - que cette dernière, forcément, va provoquer autant, sinon plus, de dégâts que la première… Car, en France, il est avéré que l'on se défie comme du diable de l'idée même de liberté qui, hélas, pour nombre de nos compatriotes manipulés par une propagande d'un autre temps, apparaît finalement comme l'expression la plus achevée de la servitude…
Philippe Robert, philippe@alpineracing.info


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