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Revue de presse d’une rentrée politique qui s’annonce chaude


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Baudouin Pierre - mardi 31 août 2010

fn, education
Le prochain congrès du FN se rapproche. En janvier 2011, les militants du parti nationaliste devront choisir le successeur de Jean-Marie Le Pen. À l’heure actuelle, deux candidats sont connus : Bruno Gollnisch et Marine Le Pen.

Naturellement, il s’agit d’une affaire interne et moi qui ne suis pas militant (mais seulement électeur occasionnel) du FN, n’ai aucune autorité pour évoquer cette succession.

En revanche, cette succession peut nous intéresser du côté de l’entente à droite, objectif clair de notre journal.

De toute évidence, nous avons une petite « fenêtre de tir ». Sarkozy est moins allergique que Chirac à la droite nationale. Si le FN était, lui aussi, moins allergique que précédemment à la droite dite « parlementaire », peut-être pourrions-nous enfin remettre la gauche à sa place – c’est-à-dire dans l’opposition, y compris au plan local.

J’aimerais assez que les deux candidats affichent leurs intentions en cette matière d’union à droite.

Dans l’état actuel des choses, j’aurais tendance à penser que Marine Le Pen est mieux placée que Bruno Gollnisch pour réaliser cette union. J’avoue volontiers que les convictions nettes de Bruno Gollnisch me plaisent davantage que les compétences médiatiques de Marine Le Pen, mais il s’agit ici de politique et les préférences personnelles n’y ont rien à voir. De toute façon, qui vivra verra.

Pour illustrer ce que je viens de dire sur les convictions de Bruno Gollnisch, je viens de lire un superbe entretien du n° 2 du FN contre l’immigration paru dans l’hebdomadaire « Minute ».

J’y lis ceci : « Pour les travailleurs français, cela [l’immigration massive] a été en quelque sorte la double peine : ils ont payé une première fois en ne trouvant pas de travail ou en en trouvant dans des conditions indignes des efforts et des compétences qui étaient les leurs ; et ils ont payé une deuxième fois en prenant en charge, sur leurs impôts, tous les frais induits par cette immigration que le patronat a laissé à la charge de l’État. »
Il y a effectivement une chose étrange dans la mondialisation (qu’il s’agisse des délocalisations ou de l’immigration), c’est que personne ne prend en compte les « externalités négatives » dans les calculs de PIB ou dans les comptes des entreprises. Quand une entreprise emploie de la main-d’œuvre immigrée, elle fait baisser sa masse salariale, mais elle fait aussi monter l’immigration et donc les coûts d’immigration.

De la même façon, il faudrait tenir compte des coûts sociaux et des coûts environnementaux dans chaque décision économique… Ce qui revient à dire qu’il serait parfaitement légitime de surtaxer les produits fabriqués par des prisonniers politiques ou des enfants, ou fabriqués dans des conditions environnementales désastreuses…

Gollnisch dénonce la responsabilité des politiques, mais aussi du patronat, dans cette politique d’immigration. Il faudrait ajouter que tout le « patronat » ne correspond pas à cette dénonciation, mais seulement le patronat déraciné des grands groupes multinationaux, où les directeurs ne sont pas les propriétaires. L’un des drames français, c’est que le capitalisme familial n’existe quasiment plus.

Pour plaire à un actionnariat anonyme, le plus facile est de rogner sur la masse salariale ; en revanche, quand on connaît ses employés et ses actionnaires, on peut préférer une main-d’œuvre française, certes moins « rentable » à court terme, mais beaucoup plus à long terme…

Dans l’actualité politique et culturelle de cette rentrée, je relève encore ce « sale coup » du gouvernement contre l’identité nationale.
Les programmes de collège prévoient de diminuer la place de Louis XIV et de Napoléon. Comme l’explique l’historien Dimitri Casili, en tête de la contestation de cette décision inepte : « Les manuels de 5e consacreront 20 pages à l’Afrique au Moyen âge […] ce qui ne laissera plus que 8 pages dédiées à Louis XIV. C’est un pur scandale. »

Et devinez ce que répond Hubert Tison, secrétaire général de l’Asso­ciation des professeurs d’histoire-géographie : « Beaucoup de jeunes sont d'origine africaine : il faut aussi qu'ils se reconnaissent un peu dans les programmes. » Comme quoi l’histoire a bien à voir avec l’identité !

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