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Rien n’arrêtera la révolution écologiste |
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Lance Pierre - mercredi 21 novembre 2007
ecologie
Depuis près de quarante ans, je me demandais quand donc les humains allaient prendre conscience du fait qu’ils étaient en train de saccager leur unique planète, compromettant du même coup la santé de leur progéniture et l’avenir de leur espèce. Et puis, enfin, la lumière s’est faite dans leur esprit.
Oh ! elle ne s’est pas faite toute seule ! Il y aura fallu le militantisme acharné de nombreux écologistes non politisés, dont les livres, revues et bulletins ont sensibilisé peu à peu un public de plus en plus large. Il y aura fallu la montée inquiétante des maladies dites “de civilisation” et l’impuissance de la médecine à les juguler. Il y aura fallu aussi l’engagement passionné de personnalités de premier plan comme le Français Nicolas Hulot et l’Américain Al Gore, qui ont propulsé l’écologie et l’environnement au premier plan des médias.
Les critiques dont certains les abreuvent sont tout simplement dérisoires. Personne n’est parfait. Chacun a ses faiblesses. Mais il faut être capable de distinguer chez un homme la valeur de ce qu’il apporte à l’humanité, et lui passer le reste, ou bien personne au monde ne trouverait grâce aux yeux des censeurs, lesquels oublient si aisément la poutre qu’ils ont dans l’œil. Ces parangons de vertu reprochent à ces deux hommes de gagner de l’argent. Il faudrait tout de même que les Français cessent de considérer un compte en banque bien garni comme une marque d’infamie, et soient sur ce point un peu américains. Nicolas Hulot a sillonné la planète en tous sens pour nous faire découvrir les magnificences de notre berceau terrestre. Je ne sais pas s’il a fait fortune, mais si c’est le cas, et je le lui souhaite, c’est bien mérité.
On reproche à Al Gore le prix de ses conférences. Mais lui aussi arpente inlassablement la planète depuis des années, et lorsqu’il était vice-président des États-Unis, il n’a cessé de parcourir les États américains pour sensibiliser tous les gouverneurs aux problèmes de l’environnement. Et il aurait sans doute réussi à faire prendre à son pays la tête de l’écologie volontariste mondiale si Bush-la-gâchette, mercenaire des pétroliers, n’avait débarqué à la Maison-Blanche avec un quarteron de prédateurs camouflés en évangélistes. Nicolas Sarkozy, lors de sa récente visite à Washington, n’a pas hésité, dans son discours devant le Congrès, à exprimer le vœu que les États-Unis se mobilisent pour la sauvegarde de l’environnement.
L’écologisme est aujourd’hui un grand mouvement d’opinion international que rien n’arrêtera, ni les invectives des fanatiques du taux de croissance, ni les outrances des calomniateurs, ni les sarcasmes des moqueurs. Toutes ces éructations des pollués du cortex seront balayées par la volonté des peuples enfin ressaisis et prêts au grand nettoyage planétaire pour la sauvegarde des générations futures et des espèces menacées, dont la nôtre.
À ceux qui me jugeraient trop optimiste, je peux dès aujourd’hui fournir des indices probants de ce grand réveil auquel j’hésitais moi-même à croire, voici seulement quelques mois.
C’est ainsi qu’un sondage réalisé les 7 et 8 novembre 2007 par TNS Sofres révèle que 64 % des Français attendent des retombées positives du Grenelle de l’environnement, notamment dans “la lutte contre le gaspillage des ressources naturelles”. Et ce sont les sympathisants de droite qui se montrent les plus motivés : 69 % (72 % à l’UMP) contre 61 % des sympathisants de gauche. Ce qui est confirmé par le résultat en fonction des catégories socio-économiques, car les plus sensibles aux thèmes de l’environnement appartiennent aux foyers aisés (72 %), aux cadres (74 %), les champions étant ceux qui travaillent à leur compte (79 %). Voilà qui illustre ce que j’ai toujours dit, à savoir qu’il y a davantage d’écologistes à droite qu’à gauche.
D’autre part, et c’est ce qui est à mes yeux le plus encourageant, une enquête de l’organisation Mazars, spécialisée dans l’audit et le conseil aux entreprises, montre que le souci du développement durable motive désormais 95 % des entreprises européennes cotées (elles n’étaient que 75 % en 2005), qui communiquent volontiers sur le sujet, et 46 % d’entre elles font attester leurs informations.
La révolution écologiste est désormais irréversible. Il était juste temps !
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