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Rien ne sauvera la Sécurité Sociale !


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Lance Pierre - lundi 03 novembre 2003


Connaissez-vous M. Christian Eyschen, président de la Mutuelle générale des employés et cadres ? Moi non plus. Mais, en s’appuyant sur un rapport de la Cour des comptes, il a voulu démontrer que la Sécu n’a aucun déficit et que, si ses caisses sont vides, c’est parce que l’État ne lui reverse pas ce qu’il lui doit. Ah bon ? Et que lui doit-il ? 2,7 milliards d’euros de taxes sur l’alcool + 8 sur le tabac + 3 sur l’automobile + 0,4 de la prévoyance d’entreprise (?) + 2 d’exonérations au titre de l’emploi. Total : 16 milliards d’euros.

M. Eyschen n’a oublié qu’un détail : c’est que l’État devant nécessairement trouver des recettes, il lui faudrait trouver ailleurs cet argent-là, et qu’en taxant préférentiellement l’alcool et le tabac, il module simplement la fiscalité de telle sorte qu’elle ait au moins l’utilité de peser sur les comportements à risques. Mais cela ne signifie nullement qu’il doive cet argent à la Sécu. Et le problème de la Sécu n’est pas du tout d’augmenter ses recettes, mais de diminuer ses dépenses (l’État est d’ailleurs dans le même cas). Je colle donc un zéro pointé à M. Eyschen et un autre… à la Cour des comptes.

Cependant, comme je le prévoyais, notre gouvernement « de droite » n’envisage pas un instant de réformer sur le fond notre système dit « de protection sociale », c’est-à-dire qu’il n’examine pas le moins du monde la possibilité de mettre en place une pédagogie musclée de responsabilisation individuelle (analogue à celle que je suggérais dans notre n° 408 - « Les 4 Vérités » du 19 juillet 2003), assortie de contrats personnalisés à géométrie variable, avec franchises à plusieurs paliers, « bonus-malus », déremboursement des pathologies dues à des intoxications volontaires… Non ! Pas question ! On continuera de psalmodier les yeux fermés sur le thème de la « solidarité » tous azimuts au « profit » exclusif des imprudents, des intempérants, des avaleurs de fumée, des goinfres et des avachis qui continueront de se suicider à petit feu et à nos frais, jusqu’à la ruine complète de l’économie française. Cela sous prétexte que tout le monde a droit à la santé. Mais la santé n’est pas un droit, Messieurs, c’est un devoir !

Les Danaïdes sont au pouvoir !

Et si nos enseignants mettaient cela dans la tête de leurs élèves (et dans la leur, pour commencer), on pourrait espérer voir un jour le bout du tunnel. Car, ce que nos collectivistes défendent en réalité, ce n’est nullement le droit à la santé, c’est tout au contraire le droit à la maladie, qui déclenche du même coup le droit à la médecine.

Reconnaissons toutefois que quelques efforts sont actuellement faits dans le sens de ce « devoir de santé », ignoré depuis trop longtemps. Les campagnes anti-alcooliques et anti-tabagiques se succèdent à la télévision. On recommande avec insistance la consommation des fruits et légumes, la modération sur les graisses et les sucres, la pratique de l’exercice physique. Pour quel résultat ? Je me le demande. Beaucoup de consommateurs achètent surtout de la bonne conscience sous forme de « produits allégés » ou « light » qui sont en majorité de la pure saloperie.

Cela permet de vendre des résidus laitiers si totalement écrémés que leur calcium tellement vanté est à peu près inassimilable.

Ignore-t-on que la crème du lait contient de la vitamine D, indispensable à la fixation du calcium ? (Il est vrai que certains fabricants « enrichissent » leur faux lait avec de la vitamine D, de synthèse, je présume ?). Le lait des mammifères est un produit complet destiné à construire les bébés de toutes les espèces et ce qui détruit son équilibre attaque la vie à sa racine. Quant au sucre, on le remplace par des édulcorants comme l’aspartame qui sont beaucoup plus dangereux que lui. Et que dire de tous ces parents qui vont chercher leurs enfants à l’école en voiture, au lieu d’y aller à pied, ce qui musclerait les jambes de leurs mômes et les leurs par-dessus le marché. Ah ! mais c’est qu’on n’a pas le temps, voyons ; on veut se dépêcher d’aller grignoter des cochonneries en regardant la télé. Et l’on s’étonne après cela de voir la proportion de jeunes obèses, de diabétiques et d’artérioscléreux monter en flèche dans la population.

Je vous le dis en vérité : si l’on ne persuade pas les Français qu’ils sont responsables de leur santé pour la plus grande part, qu’il n’existe pas de « droit à la maladie » et que ceux qui ne corrigeront pas leurs comportements aberrants ne seront plus remboursés, il n’y a pas la moindre chance que la Sécurité Sociale remonte la pente. Elle engloutira peu à peu, dans son abîme sans fond, nos entreprises, notre niveau de vie et notre économie nationale, jusqu’à ce que la France régresse jusqu’au dernier rang de la civilisation occidentale.


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