Rouxel Jean - dimanche 06 novembre 2005
La course poursuite entre Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy a pu sembler, pendant les premiers mois, un simple passe-temps pour journalistes, sans fondement dans la réalité politique. Mais il faut bien constater, à présent, que cette invention même est devenue un des éléments importants de la réalité politique. Que cette rivalité Villepin-Sarkozy soit, ou non, une invention journalistique importe désormais assez peu, puisque les deux hommes réagissent en fonction de ce schéma… Pendant un temps, nous pouvions également nous dire: tout cela ne durera qu’un temps, à la première bourrasque, Villepin va s’écrouler. Car, tandis que Sarkozy a résisté victorieusement pendant des années à la haine de ses «amis» politiques, Villepin est un parfait inconnu pour les responsables de la droite française qui ne se souviennent que de la dissolution calamiteuse de 1997 et du «Néron» dont Mme Chirac a affublé l’ex-secrétaire général de l’Élysée. Là encore, cet élément a perdu de la consistance, puisque Dominique de Villepin s’est sorti avec les honneurs, de la grève de la SNCM, se payant le luxe d’apparaître à la fois comme un parangon de fermeté et comme un partisan du «dialogue social»… Ceci semble un château de cartes fondé sur la bienveillance des journalistes de gauche. Et ne devrait pas tenir la comparaison avec la solidité de la forteresse UMP dans laquelle Nicolas Sarkozy règne en maître.
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Mais le ministre de l’Intérieur, ayant fondé lui-même toute sa politique sur ce même sol instable de la communication, croit à la réalité de l’ascendant pris par son rival. Et, de fait, il ne cesse d’accumuler les erreurs, ne parvenant plus à choisir son positionnement politique. Comme la presse ne lui pardonne plus ses errements, chacun peut les constater au jour le jour… Il est facile d’en déduire le comportement des parlementaires UMP: on n’en voit presque plus au siège de la rue de La Boétie, bien que les commissions d’investiture aient repris pour préparer les prochaines échéances. Mais les députés ne sont pas plus idiots que n’importe qui: ils savent que l’élection décisive en 2007 sera la présidentielle et que tout candidat que le Président refusera de reconnaître aura bien du mal à ramer contre le courant. C’est faire peu de cas de l’importance du parti pour gagner les élections. Et c’est probablement s’orienter vers la création d’un virtuel «parti du Président». Rendant ainsi plus difficile la victoire de la droite en 2007…
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