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S’appuyer sur la vie des grands mystiques pour évangéliser


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Lassieur Pierre - dimanche 29 novembre 2009

religion
Après la conférence des évêques à Lourdes

 

La conférence des évêques de France vient de se tenir à Lourdes. Elle a pris acte, une fois de plus, de la diminution du nombre des prêtres et des fidèles, et de leur vieillissement. Elle a cherché des remèdes.

L'une des causes principales de la décadence du catholicisme en Europe occidentale consiste en ce que les énormes progrès scientifiques des deux derniers siècles ont renforcé le désir de savoir et déconsidéré les mots foi et croire. De façon évidente, croire, avoir la foi sont des mots faibles et savoir un mot fort. Quand on dit : « Je crois qu'il fera beau demain », subsiste un doute qui n'existe pas quand on dit : « Je sais qu'il a fait beau hier. »

Or, par la force du temps qui passe, les récits de la Bible s'éloignent régulièrement de nous, au point que nombre de gens, y compris parmi les fidèles, prennent pour des légendes des événements réels.

Le phénomène est aggravé par le contenu des homélies, toujours à peu près le même, malgré les années qui s'écoulent, et d'une banalité décourageante. Le rabâchage donne la déplorable impression que la merveilleuse histoire du salut par la personne de Jésus est usée. Elle ne produit plus sur nos contemporains le formidable choc qu'elle a produit sur nos ancêtres jusqu'au dix-septième siècle. Cependant, l'histoire de Jésus, vraie hier, est toujours vraie aujourd'hui. Il s'agit donc d'une question de présentation…

On ne tient absolument pas compte de la formation scientifique des gens de notre époque, qui veulent des certitudes et non des approximations. Cette exigence se manifeste dans le domaine historique comme dans les autres sciences et, que cela plaise ou non, Jésus et les apôtres sont insérés dans 1'histoire. Malheureusement de nombreux ecclésiastiques pensent au contraire qu'une adhésion au christianisme perd de son mérite si elle est fondée sur des faits objectifs. L'adhésion du coeur, dépourvue d'exigences intellectuelles, leur paraît la seule valable. Il fautcroire sans autre motif que subjectif, affectif, sentimental. Le concile Vatican I a pourtant proclamé que la foi doit s'appuyer sur la raison.

La vie des saints, trésor de l’Eglise

L'Eglise possède en outre un trésor merveilleux et très mal connu ; la vie des saints, des grands mystiques. On rencontre dans leur biographie quantité d'événements plus ou moins miraculeux, qui prouvent de façon irréfutable l'existence d'un monde invisible avec lequel ces mystiques sont en rapport. Et quand on limite ses recherches aux temps modernes, depuis le dix-huitième siècle, par exemple, on tombe sur des personnages dont nous connaissons la vie dans les moindres détails : Saint Alphonse de Liguori (1696-1787), Saint Jean-Marie Vianney, curé d'Ars (1786-1859), Saint Jean Bosco (1815-1888), le Padre Pio (1887-1968), Yvonne Beauvais (1901-1951), en religion Yvonne-Aimée de Malestroit, supérieure générale des Augustines hospitalières, pour se limiter à ceux de premièregrandeur. Grâce à des témoins scrupuleux, nous sommes aussi bien renseignés sur eux que sur les laïcs célèbres de leur époque.


Il y a un triple intérêt à les connaître : premièrement, se rapprocher de Jésus-Christ par l'intermédiaire de ces hommes et de ces femmesqui ont eux-mêmes vécu dans son intimité , grâce â leur bonté, leur dévouement, leurs prières et leur austérité ; deuxièmement, apprendre l'existence de faits objectifs qui prouvent l'existence du monde invisible ; troisièmement, comme il s'agit de faits peu anciens mais méconnus, ils produiraient sur nos contemporains le choc de la nouveauté, que l'époque aime par dessus tout.

On est donc étonné que l'Eglise ne conseille pas aux prédicateurs d'utiliser dans leurs sermons les faits et gestes des grands mystiques modernes et particulièrement de ceux qui ont été béatifiés ou canonisés. Il n'y aurait là rien que de très orthodoxe, puisque tous ont montré un parfait respect des Saintes Ecritures et du dogme. De temps en temps, ils remplaceraient avantageusement certains passages de l'Ancien Testament, qui parlent de moins en moins aux hommes et aux femmes du XXIe siècle.

Pierre LASSIEUR

Pierre Lassieur a publié en 2002 La vérité des miracles (Ed. Grancher)


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