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S’attaquer aux dépenses au lieu de s’attaquer aux niches


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Rouxel Jean - mercredi 06 octobre 2010

fiscalite
Invité dimanche soir dans « Capital » sur M6, François Fillon a longuement abordé la question de la fiscalité.

Il a fait tout d’abord quelques remarques de bon sens (ce bon sens qui manque tellement à la majorité de nos hommes politiques).
Il a signalé qu’il tenait au maintien du bouclier fiscal « tant qu’on n’a pas réformé en profondeur notre fiscalité ».
Sur ce point, il a raison : le bouclier fiscal n’est pas satisfaisant, mais il évite au moins la spoliation la plus grossière. Donc, oui à sa suppression, mais seulement dans le cadre d’une réduction massive des impôts !

Il a, par ailleurs, reconnu que le « rabotage des niches fiscales » était une augmentation d’impôt. Cela tombe sous le sens, mais les députés de la majorité s’obstinaient pour la plupart à le nier absurdement. Dont acte. Fillon préfère la vérité au mensonge inepte. Seulement, il faut aussi qu’il assume que c’est une violation des promesses de campagne de Nicolas Sarkozy. Il n’en est pas encore là…

Quant à sa justification de cette limitation des « niches fiscales », elle me semble assez paradoxale : « C'est une augmentation d'impôts, bien sûr, mais ce n'est pas une augmentation généralisée et cela correspond à une liberté de choix. »

Une augmentation non généralisée me semble plutôt pire qu’une augmentation généralisée : plus injuste et, en tout cas, certainement plus démagogique. Et l’argument sur la liberté est scandaleux : d’abord, parce que ces mesures seront vraisemblablement rétroactives et que les contribuables qui ont cru à la parole de l’État seront une nouvelle fois lésés.

Et aussi parce que les « niches » sont précisément le règne de la liberté (vous choisissez de financer telle association plutôt que telle autre) et que les raboter revient donc à limiter et non à augmenter la liberté de choix !

Enfin, expliquant pourquoi il a préféré « raboter les niches fiscales » plutôt qu’augmenter l’impôt sur le revenu, le Premier ministre déclare : « Il faut quand même qu'on se pose la question de savoir si c'est bien de plus taxer le travail et de moins taxer le capital et le patrimoine. Je ne suis pas sûr que ce soit la bonne solution. » Mais la fiscalité est globale : taxer le travail, c’est autant de capital en moins. Taxer le capital, c’est autant d’entreprises délocalisées, et donc de travailleurs en moins…

La réalité, c’est que, parlant des impôts, nos gouvernants ne veulent pas admettre que le cœur du sujet, c’est la réduction des dépenses publiques. Auxquelles ils n’osent pas toucher !

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