Rouxel Jean - dimanche 09 octobre 2005
Depuis quelques jours, le conflit social à la SNCM donne à nouveau une bien piètre image de l’autorité de l’État. Il y a bien sûr ce qui est le plus visible: l’autorité de l’État en Corse. Que le moindre appel à la grève d’un petit syndicat (le Syndicat des Travailleurs Corses, qui compte à peine quelques dizaines de salariés) suffise à entraîner le blocus des ports d’une île française est déjà évocateur. Mais que le tribunal de Marseille se croie obligé de libérer tous les marins du STC qui avaient pris part au détournement du “Pascal Paoli” (nom, lui aussi évocateur…) ne risque pas d’encourager quiconque au respect des lois! Ainsi, dans sa partie visible, le conflit n’est-il qu’une énième partition de la lutte entre quelques terroristes prétendant représenter les Corses et l’État. Et, dans cette lutte, on sait, avant de même de commencer, qui va gagner, puisque l’État tremble à l’idée d’imposer sa loi. Mais, bien d’autres aspects interviennent dans ce dossier de privatisation de la SNCM et contribuent à éroder dangereusement l’idée même d’autorité ou de loi. Il faut d’abord apprécier les perpétuelles annonces, suivies dans les heures qui suivent de leur contestation. On a ainsi appris, en quelques heures, que les syndicats avaient obtenu satisfaction sur la non-privatisation de la société, puis que l’État se désengageait totalement, puis qu’il resterait vraisemblablement comme actionnaire minoritaire. Tout cela ne contribue certainement pas à faire de l’État un interlocuteur de confiance!
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Abonnez-vous - Abonnez vos amis ..................................................... Et puis, il y a cette insupportable coutume des politiques français à déclarer à leurs interlocuteurs syndicaux: Si ça ne tenait qu’à moi, vous auriez déjà obtenu satisfaction, mais, vous savez, le ministre des Finances ne veut rien entendre. Et, lorsqu’on s’adresse au dit ministre des Finances, on s’entend presque toujours répondre: Moi, je suis de tout cœur avec vous, mais Bruxelles ne veut pas. Et l’on s’étonne de perdre des référendums sur l’Europe! La réalité, c’est que “Paris” a obtenu de “Bruxelles”, voici deux ans, une autorisation de renflouer les caisses de la SNCM. C’est-à-dire, ni plus ni moins, une autorisation de fausser la concurrence! En contre-partie, l’État, actionnaire ultra-majoritaire devait imposer un plan social de nature à empêcher qu’on y revienne. Comme de juste, l’État s’est empressé de mettre les quelques dizaines de millions d’euros dans la société et d’oublier ses engagements. Il serait fort mal venu de venir se plaindre aujourd’hui que sa parole ne vaut plus très cher…
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