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Sans brevet, pas d’innovation


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Trémeau Bernard - mercredi 18 mars 2009


Tata, le constructeur d’automobiles indien, vient de présenter au salon de Genève une nouvelle Tata livrée aux Indes à 1 500 euros.
Il la vendra l’année prochaine plus cher en Europe en faisant certainement un bon bénéfice. Tous ceux qui ne travaillent pas dans le secteur de l’automobile ne peuvent que remercier Tata qui leur offre une voiture moitié moins coûteuse que celles qui sont produites en France.

TATA voitureTata n’a pas innové pour fabriquer cette géniale voiture très peu coûteuse. Il n’a au contraire fait que copier ses concurrents, volontairement et systématiquement. Il a choisi le meilleur carburateur chez l’un, les meilleurs pneus chez l’autre ou le meilleur radiateur chez le troisième. Toutes ces pièces ont un point commun essentiel. Le brevet qui empêchait de les copier était arrivé à son terme. Tata n’a pas innové sur le plan technique, mais il a innové sur le plan juridique.

Pour sortir un produit nouveau, une entreprise doit d’abord investir, donc dépenser de l’argent pour payer des chercheurs, faire des essais et modifier son outillage.
Tout cela coûte cher, très cher. De plus, si le produit nouveau n’intéresse pas les clients, toutes ces dépenses ont été réalisées pour rien.
En sortant un produit nouveau, une entreprise prend toujours un risque. Risque que n’ont jamais pris les fonctionnaires des États communistes, plongeant ainsi leur pays dans la stagnation économique et la pauvreté.

La sortie d’un médicament montre l’énorme importance du brevet protecteur. Prenons l’exemple de la Roscovitine, molécule chimique trouvée par un laboratoire de biologie du CNRS situé à Roscoff. Elle est capable de s’opposer à la division des cellules anormales survenant au cours de maladies comme le cancer ou la maladie d’Alzheimer. Donc de stopper radicalement l’évolution de ces terribles maladies. Déjà, la découverte d’une telle molécule est loin d’être facile. Il faut d’abord créer toute une machinerie permettant de dépister dans la nature un organisme ou un produit la contenant éventuellement.
Il faut ensuite identifier sa formule. Il faut tester son efficacité et son innocuité sur les animaux de laboratoire. Des années sont nécessaires.
Puis, il faut passer à l’homme. Tester l’innocuité du produit : toute nouvelle molécule peut exposer à des risques graves, allant de l’allergie au cancer.
Et tester son efficacité : ce qui marche chez la souris ne marche pas forcément chez l’homme.
Il faut aussi tester son efficacité relative. Un nouveau médicament moins efficace qu’un médicament déjà existant a peu de chance d’être intéressant.
Il faut faire des milliers d’essais sur l’homme, pendant une dizaine d’années et dépenser environ un milliard d’euros.
Le CNRS n’a ni les moyens, ni la vocation de faire de tels essais. Il vend donc à partir d’un certain stade sa molécule à un laboratoire spécialisé dans la fabrication des médicaments.
Parfois, après ce très long et très coûteux parcours, le projet doit être abandonné. Mais, parfois aussi, il réussit et ce peut être un immense succès médical, donc « commercial ». Des milliers et des milliers d’individus sont guéris, tandis que les bénéfices grimpent.

Le laboratoire doit vendre le médicament à un prix incluant tous les frais d’investissement et de recherche.
Mais, une fois le médicament sorti, un autre laboratoire pourrait très facilement identifier la nouvelle molécule pour quelques milliers d’euros et sortir un médicament identique sans avoir à payer un milliard d’euros pour l’obtenir.
Le brevet lui interdit de le faire. La bonne gestion du laboratoire doit bien évidemment calculer le prix de vente en fonction de la durée du brevet.

Le brevet donne finalement un monopole provisoire à celui qui a innové. Le brevet fait partie des indispensables contraintes éliminant les copieurs, les tricheurs.

Vive le brevet, et vive la Sécurité sociale qui préfère les médicaments dits génériques, une fois le brevet arrivé à son terme !

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En bref
CAC 40
Contrairement à ce qu’on entend souvent dire, les profits des entreprises du Cac 40 ont fortement chuté en 2008. Au total, ces 40 entreprises françaises ont réalisé 59,15 milliards d’euros de résultat net, soit une baisse de 39 % par rapport à 2007 !

Chiffres significatifs
INDUSTRIE > La production industrielle française a diminué de 4,41 % en janvier. Elle retrouve ainsi son niveau de 1997… EMBRYONS > Au 31 décembre 2006, on comptait en France 176 523 embryons congelés, dont 93 116 faisaient l’objet d’un « projet parental »… IMMOBILIER > En 2008, les investissements dans l’immobilier d’entreprise ont chuté de 61 % en moyenne dans l’ensemble des pays du monde. Le pays le plus touché est les États-Unis (73,2 % de baisse).

INVESTISSEMENT > On estime que 48 % des PME françaises vont réduire leurs investissements en 2009.

ALCOOL > Les Français consomment en moyenne 10,7 litres d’alcool par an.

HANDICAP > Les prestations de protection sociale en faveur des handicapés sont passées de 17,8 à 36,1 milliards d’euros entre 1990 et 2007, soit une croissance annuelle de 4,2 % en euros constants.

VIOLENCE > En 2008, en France, 166 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint.

INTÉRIM > En janvier 2009, 513 000 personnes occupaient un emploi intérimaire en France, soit une baisse de 7,6 % par rapport au mois précédent… et une baisse de 29,7 % par rapport à janvier 2008!




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