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Sarkozy a raison d’être populiste !


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Constant Rémond - dimanche 24 juillet 2005


Réagissant au massacre odieux du petit Sidi-Ahmed, fauché à onze ans d’une balle tirée par des voyous, le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy promit de « nettoyer au karcher » la Cité des 4000 à la Courneuve, vivier du crime, des trafics illégaux et des règlements de compte entre bandes rivales.
Fidèle à son exigence de vérité, Nicolas Sarkozy sait que le seul langage que comprennent les criminels est celui de la force.
Fidèle à son bon sens populaire, Nicolas Sarkozy sait que la relativisation des valeurs qui caractérise notre société post-morale, la tendance de certains leaders d’opinion à trouver de fausses excuses sociétales aux criminels les plus inexcusables, le rejet libertaire de la notion de Bien et de Mal, tout cela conduit à entretenir un sentiment d’impunité dans l’esprit calculateur des criminels qui n’hésitent pas à récidiver tant que les sanctions infligées par les magistrats ne leurs paraîtront pas supérieures aux bénéfices tirés de leur « business ».
Fidèle à son sens de l’action, Nicolas Sarkozy sait que la seule limite efficace aux agissements barbares des criminels réside dans l’emploi de méthodes fortes, avec pour ligne d’horizon une société pacifiée.
Plus récemment, Nicolas Sarkozy dénonça la désinvolture inouïe de certaines juges qui n’hésitent pas à remettre en liberté des criminels déjà condamnés à perpétuité, comme dans l’affaire Nelly Crémel.
Avec raison, Nicolas Sarkozy fait remarquer que les juges bénéficient d’un régime d’exception incompatible avec le principe d’égalité absolue des citoyens devant la loi.
Dans de nombreux cas, les juges punissent sévèrement de simples citoyens – conducteurs de bus, chirurgiens, chefs de chantier, policiers, gendarmes… – dont la responsabilité pénale se trouve engagée à cause d’une erreur professionnelle.
Mais les juges eux-mêmes, punissent-ils leurs pairs pour une erreur professionnelle conduisant à la mort d’une innocente ? Non, évidemment.
Pire : la loi liberticide contre la contestation d’une décision de justice empêche la société civile de réagir quand des juges commettent une grave erreur d’appréciation. En France, les juges sont pénalement irresponsables et en plus, ceux qui contestent leurs décisions sont passibles de sanctions !
Comme tout citoyen, les juges doivent répondre pénalement de leurs actes en cas de faute professionnelle grave. La justice est certes indépendante, mais elle n’est pas non plus au-dessus des lois.
Or comment réagirent nos élites bien-pensantes à ce discours de vérité, pétri de bon sens et dominé par la culture de l’action?
Relayées par certains syndicats de magistrats obsédés par leurs privilèges, bénéficiant de la caisse de résonance du microcosme intellectualiste parisien, les réactions les plus offusquées fusèrent contre la « dérive », « le dérapage », le « mot de trop » du ministre de l’Intérieur.
Et, sainte horreur!, l’accusation la plus infâmante – mais aussi la plus révélatrice – sortit en même temps de la bouche des censeurs politiquement corrects, tel un refrain chanté en chœur par une génération pétrie de certitudes droit-de-l’hommistes: décidemment, Nicolas Sarkozy serait tenté par un « discours populiste ».
La dénonciation de la « dérive populiste » illustre tout le fossé qui sépare la rive gauche parisienne du peuple français. On l’aura compris, Nicolas Sarkozy ne s’adresse pas aux privilégiés de la rue Saint-Guillaume, mais aux ouvriers smicards de Seine-Saint-Denis.
Nicolas Sarkozy ne s’adresse pas aux bons bourgeois mettant leur progéniture à l’abri dans les meilleurs lycées parisiens, mais aux parents inquiets pour leurs enfants victimes de racket dans les collèges difficiles.
Dans le mot « populisme », il y a le mot « peuple ». Si c’est être populiste que de s’adresser prioritairement au peuple, alors Nicolas Sarkozy a raison d’être populiste !
Car le véritable populisme consiste à se préoccuper des souffrances réelles du peuple français, et non à écouter les leçons pseudo-morales d’une élite parisienne qui n’a jamais mis les pieds dans une famille mono-parentale touchée par la drogue et résidant dans une zone de non-droit comme à la cité des 4000 de la Courneuve.
Véritable alternative à la trahison du peuple par la gauche, la réappropriation des valeurs morales et populaires par une droite décomplexée constitue la seule réponse crédible aux attentes des Français. Vive le populisme !

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En bref
BAC
L’objectif démagogique de Chevènement a été atteint cette année : 80,2% du cru 2005 des bacheliers ont obtenu leur diplôme…

Divers faits

IRAK á Selon l’Institut universitaire des hautes études internationales, 39 000 Irakiens auraient été tués depuis le début de l’intervention américaine (les estimations habituelles étant comprises entre 22 000 et 26 000). Dans le même temps, 1937 militaires américains ont trouvé la mort en Irak.

PÊCHE á La France a reçu une amende de vingt millions d’euros pour n’avoir pas respecté un arrêt de la Cour européenne sur la pêche qui date de… 1991 !

CONCURRENCE á Le conseil de la concurrence a infligé une amende de dix millions d’euros au groupe français de mobilier urbain JCDecaux pour abus de position dominante.

EURO á La banque britannique HSBC estime que l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas gagneraient à quitter l’euro…

NATIONALITÉ á Les acquisitions de nationalité française ont atteint 144 640 en 2003, soit une hausse de 13% par rapport à l’année précédente. En 2002, la hausse n’avait été que de 0,2% et en 2001, on avait même connu une baisse de 15%…

ÉVACUATION á En 2004, les équipes de la sécurité civile ont évacué quotidiennement 27 personnes par jour en mer, montagne ou plaine…

SÉCURITÉ á À la fin de l’année 2004, le ministère de l’Intérieur n’avait encore rédigé que huit des douze décrets attendus pour l’application de la loi Sarkozy (du 26 novembre 2003…) sur la sécurité !




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