Courrier - mercredi 21 décembre 2011
sarkozy, euro
Dans ses multiples interventions sur la crise de l’euro, Sarkozy adopte des attitudes contradictoires dans le même discours, à la fois fédéraliste et souverainiste.
Il est vrai que pour cette dernière option, il tente de reproduire le coup de 2007, en captant les voix du Front National.
Dans le discours de Toulon, le 1er décembre, en évitant de prononcer le mot de « fédéralisme », il réaffirme le principe de la souveraineté nationale, tout en déclarant : « L’Europe, ce n’est pas moins de souveraineté, mais davantage de souveraineté, parce que c’est davantage de capacité d’agir » ! Dans le même temps, il annonce les grandes lignes d’un nouveau traité européen sur le modèle d’un fédéralisme intergouvernemental… Comment peut-on avoir davantage de capacités d’agir en remettant ses pouvoirs à un organisme supra-national ?
Cela ne l’empêche pas d’affirmer : « L’euro n’inspire pas confiance… L’Europe inquiète, au lieu de rassurer. »
Le 9 décembre, au congrès du PPE à Marseille, il a conclu en définissant les trois piliers de la refondation européenne : « Plus de solidarité, plus de discipline, plus de gouvernance », cette dernière via l’Eurogroupe, base d’un gouvernement économique de l’Europe qu’il appelle de ses vœux.
D’ailleurs, après le référendum de 2005 sur le traité européen de Giscard, refusé par les Français, Sarkozy n’a-t-il pas concocté en douce le traité de Lisbonne, qu’il a fait adopter par un Parlement aux ordres, traité à orientation fédéraliste ?
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